Ondes électromagnétiques : un rapport prône la réduction des expositions


   Publié le 15/10/2009 08:47 – Modifié le 15/10/2009 à 11:29 | © 2009 AFP

L’Agence française de sécurité sanitaire de l’environnement et du travail se prononce jeudi dans un nouvel avis pour une réduction des expositions, estimant qu'”il n’est plus temps de ne rien faire”, malgré l’absence de preuves formelles sur la nocivité des ondes électromagnétiques.

“N’attendons pas que les signaux deviennent des pathologies pour avancer dans la réduction des expositions”, a déclaré Martin Guespereau, directeur général de l’Afsset, pour qui “il faut se poser les bonnes questions dès aujourd’hui”, sans attendre des certitudes.

Téléphones portables, Wifi, Wimax, téléphones sans fil, radios, micro-ondes, antennes-relais, radars… nous baignons en permanence, à la maison, au bureau et même dans les espaces publics dans les radiofréquences. Il s’agit des technologies utilisant des champs électromagnétiques dont la gamme de fréquences (nombre d’oscillations en une seconde) est comprise entre 9 kHz et 300GHz.

Face au développement de la téléphonie mobile et à la montée des inquiétudes, le gouvernement a demandé en 2007 à l’Afsset une “mise à jour” d’un précédent avis de 2005, qui concluait à l’absence de risque avéré des téléphones mobiles et des antennes-relais. L’Afsset a élargi son expertise à l’ensemble des radiofréquences.

Son nouveau rapport, réalisé par un groupe de travail incluant des experts en sciences humaines et sociales et un observateur représentant les associations, va beaucoup plus loin.

Les experts ont examiné un millier d’études publiées depuis 2005, y compris le rapport BioInitiative souvent cité par les associations. Le groupe de travail a conduit aussi une trentaine d’auditions.

Les experts ont constaté que si une majorité des études ne constataient pas d’effets des ondes, un petit nombre évoquaient tout de même des effets biologiques possibles tels que l’auto-destruction de cellules ou la modification du débit sanguin cérébral.

Martin Guespéreau a fait valoir qu’on avait seulement “dix grosses années de recul” et qu’on ne pouvait donc savoir si les “signaux” qui émergent constituaient un simple “biais statistique” ou une vraie “tendance”.

Dans cette incertitude, l’Afsset a estimé qu’il fallait creuser davantage avec de nouvelles études plus précises et approfondies, et en attendant, prendre des mesures. “Dès lors qu’une exposition environnementale peut être réduite, cette réduction doit être envisagée”, tranche l’avis.

“On est loin de l’idée : +on n’a rien prouvé donc on ne fait rien+”, remarquait-on jeudi à l’Afsset, où l’on évoquait le principe de prudence ALARA (As Low As Reasonnably Achievable, aussi bas que raisonnablement possible) défendu dans le domaine environnemental, notamment en matière de radioactivité.

Pour le téléphone portable, à l’origine des niveaux d’exposition les plus élevés, l’Agence suggère notamment l’utilisation de téléphones mobiles à faible débit d?absorption spécifique (DAS), qui mesure le niveau de radiofréquences émis par le portable.

Pour les antennes-relais, elle demande une cartographie des zones présentant les intensités les plus fortes (où se croisent des faisceaux d’ondes) et une réduction des niveaux d’exposition dans ces zones, ainsi que la mutualisation des émetteurs. En revanche, elle met en doute l’opportunité de réduire le niveau d’émission de toutes les antennes, comme le souhaiteraient les associations.

Et faute de “pouvoir prouver l’inexistence d’un risque”, l’agence suggère aussi, plus globalement, “l’usage modéré des technologies sans fil”.

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A Villeneuve-de-la-Raho, des antennes-relais accusées de propager des "troubles en pagaille"


LE MONDE | 15.10.09 | 16h28  •  Mis à jour le 15.10.09 | 16h28

Au 6 de la rue Faratjal, Gilbert Camps souffre d’insomnies et de fatigue chronique. Sa voisine du 4 a eu un cancer, tandis que son mari se dit “fatigué comme s’il avait 90 ans”, lui qui n’en a pas soixante. Point commun : leurs maisons se situent à quelques mètres du château d’eau. Planté en plein cœur de Villeneuve-de-la-Raho (Pyrénées-Orientales), un village de près de 4 000 habitants proche de Perpignan, ce château d’eau est hérissé d’antennes-relais de téléphonie mobile.

Vingt-cinq antennes – quatorze, selon l’Agence nationale des fréquences – devenues la bête noire des habitants, qui leur attribuent une augmentation de leurs problèmes de santé. Yasmine Gatonas, une infirmière libérale qui sillonne le village depuis des années, constate “des accidents vasculaires cérébraux (AVC) en pagaille, des troubles du comportement, des céphalées, de la tension qu’on ne peut plus réguler”.

Un des quatre médecins du village, dont le cabinet est situé à proximité du château d’eau et dont la clientèle est constituée de ces mêmes riverains, confirme “formellement”, lui aussi, “une augmentation des cancers, des leucémies et tout un tas d’autres plaintes”, sans pouvoir assurer qu’elles sont liées à une électro-sensibilité ou à une pathologie des ondes.

Pour tous, la conclusion s’impose : il faut éloigner ces antennes, estime l’association Un mât pour les ondes (Umplo). Un sigle qui n’a rien à voir avec la couleur politique de la députée (UMP) et maire de la commune, Jacqueline Irles, accusée de faire le jeu des trois opérateurs, SFR, Bouygues et Orange, en refusant toute solution d’éloignement des “maudites” antennes.

Du coup, la querelle sanitaire se double d’une querelle de personnes, opposant des administrés dont beaucoup ont “voté pour elle” à une élue qui se demande si “le déplacement (des antennes) n’aggraverait pas le problème”. A quoi s’ajoute le fait que le château est sous concession de la communauté d’agglomération.
Des difficultés qui font de Villeneuve-de-la-Raho un cas d’école du casse-tête des antennes.

“On ira jusqu’au bout”

Pour la présidente de l’association Umplo, Maryse Batlle, l’inquiétude a commencé en 1998, année de l’installation des premières antennes. En 2002, elle est atteinte d’un cancer. Entre-temps, elle s’est “documentée sur les ondes électromagnétiques”. Elle dit prendre conscience que les maladies se multiplient dans le quartier. “Sur un plan, j’ai mis un point jaune pour les cancers, vert pour les Alzheimer et rouge pour les AVC.” Aussi, quand, en 2007, on annonce aux habitants que “la rue va être bouchée pour des travaux afin d’installer de nouvelles antennes”, son sang – et celui des riverains alertés – ne fait qu’un tour.

L’association est créée en avril 2008, une pétition recueille la signature de 750 personnes, la vitrine de la boulangerie se couvre de tracts. Le 15 décembre, les membres d’Umplo s’allongent sur la chaussée pour empêcher le stationnement d’un camion-nacelle. Depuis, les événements s’enchaînent, aggravant l’incompréhension entre la mairie et Umplo. C’est mesures (des émissions) contre mesures, spécialiste contre spécialiste. La solution, un temps envisagée, de placer les antennes sur des terrains communaux est abandonnée.

“On nous prend pour des doux dingues, mais on ira jusqu’à bout”, assure Paulette Palau un des membres actifs de l’association. Radicalisés, les (anciens ?) électeurs UMP s’emploient à construire un réseau pour leur combat. Le Déplacement des antennes-relais dangereuses tente de fédérer des associations au niveau départemental. Le Comité régional ondes santé est en gestation. Un procès aussi, des riverains ayant décidé d’assigner les trois opérateurs en justice.

Brigitte Perucca

Article paru dans l’édition du 16.10.09

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ONDES : Toutes les recommandations de l’Afsset

   NOUVELOBS.COM | 15.10.2009 | 12:00

Voici les principales recommandations sur les ondes électromagnétiques émises par l’Agence française de sécurité sanitaire de l’environnement et du travail (Afsset), publiées jeudi 15 octobre :

TELEPHONES MOBILES :
– “privilégier” les appareils à faible émission (DAS ou débit d’absorption spécifique, qui mesure le niveau de radiofréquences émis par le portable).
– “généraliser la mise à disposition des indicateurs d’exposition maximale pour tous les équipements personnels utilisant la technologie des radiofréquences (téléphones portables, téléphones sans fil, veille-bébé. Développer des “labels intelligibles”).
– “réduire l’exposition des enfants en incitant à un usage modéré du téléphone portable”
– mettre en œuvre des outils simples permettant de réduire les expositions: interrupteurs permettant de désactiver les émetteurs lorsqu’ils ne fonctionnent pas (wi-fi, modem ….), accès filaires multiples sur les modem wifi sans surcoût, recours au kit piéton.

ANTENNES-RELAIS :
– “recourir aux exposimètres portables afin de mieux caractériser les expositions individuelles”.
– “identifier et cartographier les lieux présentant des valeurs sensiblement plus élevées que le niveau ambiant” et “proposer des procédures visant à réduire l’exposition dans ces lieux”.
– “peser avec soin les conséquences, pour la population générale et pour les utilisateurs de téléphone mobile, d’une réduction de la puissance des antennes relais qui pourrait conduire à l’augmentation de l’exposition à la tête aux radiofréquences émises par les téléphones mobiles”.
– “favoriser la concertation et le débat autour des nouvelles implantations ou modifications d’émetteurs radiofréquences (…) en impliquant l’ensemble des acteurs concernés”.
– mutualiser les émetteurs entre opérateurs de téléphonie mobile.

ELECTRO-HYPERSENSIBILITE
(symptômes parfois attribués aux ondes):
– “développer et évaluer un outil de diagnostic clinique”
– “définir des modalités d’une prise en charge globale des sujets hypersensibles”.
– “organiser un suivi des patients”
– “développer des travaux de recherche”.

(Nouvelobs.com avec AFP)

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CALUIRE : 12 cancers sur 20 logements : la piste des antennes


  le 07.05.2009 06h00

Caluire arriverait en 3e position des villes françaises sur 500 mesures électromagnétiques derrière Lyon 3e et Paris. En médaillon, l'une des antennes / Photos Julie Olagnol


Des habitants de l’avenue Fleming à Montessuy, cernés par les antennes de téléphonie mobile, ont organisé une réunion d’information pour tenter d’évaluer la réalité des risques

Douze cas de cancers divers en huit ans dans un immeuble de l’Opac du Rhône de 20 appartements. C’est le triste constat des locataires du 101 avenue Fleming, touchés par la maladie à tous les étages, excepté au rez-de-chaussée et au dernier. Pure coïncidence ou conséquence sinistre de la présence d’antennes de téléphonie mobile ? C’est la question que se sont posée les habitants de l’avenue Fleming au cours d’une réunion sous l’impulsion de l’Association des locataires des ILN de Montessuy (Alim). « On doit continuer à s’informer. Il ne faut pas qu’on nous fasse le coup de l’amiante », explique son président, Hubert Chapu. « D’abord, chacun cherche des raisons personnelles. La loi du nombre fait réfléchir », poursuit Gabrielle Chefneux, victime d’un cancer du sein. « Autant de coïncidences deviennent un symptôme. Des études à l’étranger indiquent la responsabilité des antennes dans les cancers du tronc », explique Mme Lardon, représentant nationale de Priartem (Pour une réglementation des implantations d’antennes relais de téléphonie mobile). Sur le 101, situé en pignon de la « petite barre », trois antennes ont été dénombrées et les appartements sont directement « arrosés » par les antennes sises sur les HLM SNCF d’en face, au 22 rue Lavoisier. Sur la « grande barre », du 109 au 116 avenue Fleming, quatre antennes sont installées depuis une dizaine d’années, dont celles de la Préfecture.

Fin 2007, il était question d’installer une nouvelle antenne SFR. Une pétition de 296 signatures sur 349 logements et la présence à proximité de la crèche familiale ont permis d’abandonner cette option. « Les installations ont été gelées pour montrer que nous sommes à leur écoute. Même si des scientifiques ont prouvé que les antennes ne présentent aucun danger. Des experts indépendants ont effectué des mesures et nous respectons les seuils autorisés », rappelle l’Opac du Rhône.

Révélation inquiétante de Mme Lardon : Caluire arriverait en 3e position des villes françaises sur 500 mesures électromagnétiques. « Ça fait peur, je ne vais pas dormir ce soir », souffle une dame. Les locataires ont décidé d’alerter la mairie pour une réunion publique et la constitution d’un cadastre électromagnétique. Une enquête sanitaire auprès de la Dass est envisagée. « La tendance du Grenelle est de stopper le déploiement des antennes et de limiter leur puissance. Il est difficile d’en diminuer le nombre, mais les maires peuvent ne pas renouveler les baux. Aujourd’hui, ils risquent le tribunal administratif mais de plus en plus s’opposent aux antennes », a rappelé Mme Lardon.

Julie Olagnol

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TOULOUSE : le contrôle des émissions laisse les opérateurs sans voix


  Publié le mardi 13 octoble par B. dv.

Toulouse candidate pour limiter les émissions d’ondes électromagnétiques à 0,6 Volts/m.

Toulouse saura fin octobre si elle est élue ville pilote pour le contrôle des émissions radio. Photo DDM archives

Toulouse saura fin octobre si elle est élue ville pilote pour le contrôle des émissions radio. Photo DDM archives
Toulouse saura fin octobre si elle est élue ville pilote pour le contrôle des émissions radio. Photo DDM archives

Toulouse, vient d’officialiser sa candidature au projet de limitation des émissions d’ondes électromagnétiques lancé par le ministère de l’Écologie, de l’Énergie, du développement durable et de la mer. Si son dossier est accepté, la ville deviendra pilote d’un test grandeur nature qui consiste à vérifier si le téléphone portable peut fonctionner dans une cité où le volume des ondes émises par les antennes relais est limité à 0,6 volt par mètre. Pour Élisabeth Belaubre, cette candidature officielle de Toulouse au côté d’une centaine d’autres villes Française est déjà une victoire en soi. Car « elle confirme l’engagement de notre collectivité dans un domaine qui suscite des inquiétudes grandissantes et légitimes chez nos concitoyens », se félicite l’adjointe en charge de l’environnement et de la santé. Celle-ci voit dans ce projet la suite logique du moratoire à l’implantation de nouvelles antennes relais sur le domaine public imposé par le Capitole, et de l’élaboration d’une charte de bonne conduite en concertation avec les opérateurs et les associations concernées actuellement en cours de rédaction. Mais côté opérateurs, la perspective de limiter le volume des émissions crée un profond malaise. Chez Bouygues Télécom, Orange et SFR, le mot d’ordre est rigoureusement le même : on ne communique pas sur ce sujet. Et lorsqu’ils se laissent aller à quelques commentaires sous le sceau de l’anonymat, les opérateurs de téléphonie redéfinissent à leur convenance les termes de l’expérimentation qui aurait pour objectif « de valider la pertinence d’une baisse des seuils d’émission, sans pour autant déterminer des valeurs prédéfinies. » D’ailleurs « cette norme de 0,6 volt par mètre mise en avant par les associations ne repose sur aucune expérience ou bilan scientifique. » Quant à la future charte de bonne conduite « elle doit aboutir à un accord sur le déploiement harmonieux de la téléphonie mobile qui prenne en compte les besoins d’information des riverains et les besoins des consommateurs. » La langue de bois passe aussi par le téléphone.


La Charte a pris du retard

La rédaction de la charte de bonne conduite qui doit être signée entre les opérateurs de téléphonie mobile, les riverains des antennes relais et la mairie de Toulouse a pris du retard.

Après deux réunions de travail qui se sont tenues en début d’été, la troisième rencontre, au cours de laquelle le texte devait être signé, et qui était programmée pour le 7 septembre ne s’est pas encore tenue. Et selon une des parties prenante au débat : « la prochaine réunion n’est pas encore planifiée. »

Lire l’article de la dépêche en PDF:

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Nîmes Antenne relais du Mont Duplan : le directeur régional d’Orange s’explique

accueil midilibre.com  

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Jean-Christophe Arguillère, 45 ans, directeur régional d’Orange-France Télécom, a immédiatement accepté notre proposition d’interview. Il faut dire que l’affaire de l’antenne relais du Mont Duplan est un feuilleton nîmois qui illustre parfaitement la grande crainte des Français à l’égard des ondes de téléphonie mobile. Une affaire qui frise même la caricature : l’antenne surplombe trois écoles, une crèche, un jardin d’enfants. Vendredi 16 octobre, le tribunal administratif dira si le principe de précaution doit jouer, oui ou non.

Pourquoi Orange s’accroche-t-elle à ce point au Mont Duplan ?
Quand on met en place de nouveaux relais, c’est que l’on en a besoin. Le coût d’investissement d’un relais est très élevé, plusieurs centaines de milliers

d’euros. Sur la zone de Nîmes, on avait le relais de la Calandreta qui nous permettait d’écouler le trafic aux alentours, mais la mairie a souhaité qu’on l’enlève, à cause de l’école justement (en 2008, après huit ans de fonctionnement, NDLR). On essaye de travailler en bonne intelligence avec les collectivités locales. Du coup, on a demandé à la Ville qu’elle nous conseille pour qu’on puisse s’installer à un autre endroit. La proposition du Mont Duplan, nous l’avons retenue parce qu’elle nous permettait de ne construire qu’un seul pylône de 20 mètres, alors que les autres sites nous obligeaient à installer deux pylônes de 25 mètres. C’est ce que l’on a dit au sénateur-maire.

Ce pylône spectaculaire, quel en est l’intérêt stratégique ?
On a une mauvaise qualité de service, en tout cas pas optimale sur une grande partie de la ville de Nîmes, depuis qu’on a arrêté la Calandreta. On n’arrive pas à écouler notre trafic. Nos clients rencontrent des problèmes d’émission et de réception.

Quelle zone l’antenne doit-elle couvrir ?
Le centre-ville. Il faut regarder cela comme une toile d’araignée. Si l’on enlève un morceau, cela ne fonctionne plus, ou mal. Aujourd’hui, il y a un trou dans la raquette. Cette antenne est indispensable. Pour Orange mais aussi pour SFR, puisque ce pylône va servir aux deux opérateurs.

Mais tout de même, cet emplacement, avec ces écoles, ce terrain de jeux fréquenté par de nombreux enfants… Des parents sont inquiets. Vous-même, vous êtes peut-être père de famille…
Non, mais cela ne change pas le problème. Je ne suis pas un meurtrier (rires). Aux personnes qui disent que les antennes sont nocives, moi, ce que je peux dire, c’est que c’est faux. Il a été donné aux opérateurs des normes à respecter, entre 41 et 61 volts/mètre.

Justement, à la suite du Grenelle des antennes, en avril, l’Etat lance une expérimentation avec des émissions à 0,6 V/m, une norme bien plus basse et adoptée dans d’autres pays…
Ce n’est pas la norme de l’OMS, de l’Union européenne ou de la France. Ce n’est basé sur rien, les opérateurs s’y opposent. Aujourd’hui, il n’y a aucun principe de précaution qui ait été défini, y compris dans le Grenelle des antennes.

Pourtant, depuis le début de l’année, la justice a fait jouer ce principe de précaution et fait démonter plusieurs antennes en France…
Effectivement, des jugements n’ont pas été favorables à des opérateurs. Mais la plupart vont dans leur sens. Maintenant, si vous y retrouvez vos petits, tant mieux. Mais il n’y a aucune réglementation qui dise qu’il faut installer des antennes qui émettent à 0,6 V/m. D’ailleurs, si on reprend la Calandreta, des études de propagation des ondes ont montré que l’on était 500 à 1 000 fois inférieur à la norme. Et 90 % de nos antennes sont inférieures à la norme. Dès que l’antenne sera mise en service au Mont Duplan, on fera des études pour dire publiquement sa puissance.

Le tribunal administratif a décidé de statuer sur le fond avant que l’antenne ne soit branchée. Ce qui convient bien aux opposants. L’audience de vendredi vous inquiète-t-elle ?
Non, je ne vois pas pourquoi je serais inquiet alors que l’on respecte les normes et les règles municipales.

Photos Bruno CAMPELS

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"Ne pas tenir le téléphone à moins de deux centimètres du corps"


LEMONDE.FR | 08.10.09 | 18h42  •  Mis à jour le 08.10.09 | 20h06

source : http://www.lemonde.fr/societe/article/2009/10/08/ne-pas-tenir-le-telephone-a-moins-de-deux-centimetres-du-corps_1251348_3224_1.html

Armine : Quel est l’impact des ondes sur la santé et pourquoi les études scientifiques ne tranchent-elles pas ?

Pierre Souvet : Les études scientifiques ne peuvent pas trancher car on manque de recul sur les pathologies engendrées par les ondes électromagnétiques, puisque c’est une technologie assez récente. Mais de nombreuses conséquences physiologiques et biologiques sont déjà démontrées : des études soulignent une baisse de la mélatonine, hormone du sommeil qui a aussi des propriétés oncostatiques – qui protègent du cancer. Il y a aussi des effets sur le stress oxydatif, des modifications dans l’expression des gènes, des perturbations de l’électroencéphalogramme.
Une étude égyptienne a également montré la modification du rythme cardiaque d’un foetus exposé 10 minutes à un téléphone portable ou juste après la naissance.

Yoyo : quels sont les effets physiologiques concrets des ondes ?


Entre 3 et 10 % de la population, selon les études de prévalence, présentent des symptômes d’hyper-électrosensibilité :  troubles du sommeil, maux de tête et acouphènes, troubles de concentration et d’attention, dépressions, fatigue chronique.

Sprea : Bonjour, étant musicien et réalisateur freelance, j’ai chez moi beaucoup de matériel électronique (ordinateur, synthés, bafles, écrans, Wi-Fi..) connecté. Je le laisse parfois allumé pendant la nuit, dormant 2 mètres plus loin dans la pièce à côté. Cela joue-t-il sur ma santé ? J’ai par exemple des acouphènes, cela peut-il être lié aux ondes électroniques ?


Je ne pourrais pas vous affirmer que vos acouphènes sont dues aux excès d’ondes électromagnétiques de votre appartement. Mais nous, nous pensons qu’elles ont des effets néfastes pour la santé, que je vous ai décrits précédemment, et qu’il faut réduire ce bain d’ondes électromagnétiques de façon globale. Ce bain comporte le téléphone portable, mais aussi le téléphone sans fil, les rayonnements Wi-Fi, les rayonnements Wimax et les rayonnements des antennes relais.

Nous sommes pour une prise en charge globale et non limitée. De toute façon, nous recommandons d’arrêter le Wi-Fi la nuit, car non seulement vous y êtes soumis, et également à celui de vos voisins.

Sophie : Je connais quelqu’un qui ne supporte plus sa vie à Paris à cause des ondes – Wi-Fi et autres. Est-ce prouvé scientifiquement ?


On entre dans les cas d’hyper-électrosensibilité : des gens qui ont des symptômes exacerbés qu’ils rattachent aux ondes électromagnétiques. Il est actuellement très difficile de démontrer un lien absolu avec ce rayonnement. Il faudrait faire des dosages et savoir à quel rayonnement sont soumis ces patients et faire les prélèvements biologiques sur des données dont certains confrères sont en train d’étudier la problématique (protéines de stress, débit sanguin cérébral) pour démontrer de façon absolue cette relation.

Ces gens souffrent. Le problème de la France, c’est qu’elle ne reconnaît pas ce syndrome, contrairement à des pays, comme la Suède, qui le reconnaissent officiellement.

Elie Arié, cardiologue : Ne pensez-vous pas qu’il faut commencer par désamorcer le sens magique et maléfique des mots tels que “ondes”, rappeler que nous recevons plein d’“ondes” lorsque nous discutons avec quelqu’un (sans téléphone), etc. ?


On entre dans le débat des ondes terrestres qui n’ont rien à voir avec  les ondes électromagnétiques, qui sont des ondes pulsées : vous recevez ces ondes un peu comme une mitraillette.

Lucas : Les émissions électromagnétiques existent depuis toujours (orage, Soleil…) Comment isoler les effets des machines ? Est-ce vraiment possible ?


Pour les ondes électromagnétiques, notre position est claire : nous ne souhaitons pas la fin de ces progrès technologiques. Nous souhaitons que l’exposition aux individus soit la plus raisonnable possible, selon le principe “Alara”, qui veut dire aussi bas que raisonnablement faisable techniquement, puisqu’il y a des effets biologiques démontrés, et ce sur un terme assez court, puisque la téléphonie mobile n’existe que depuis une dizaine d’années.

Steven : Sait-on si les ondes ont une influence sur l’appareil génital, plus précisément sur la qualité du sperme, peuvent-elles rendre stérile ?


Il existe deux études, à ma connaissance : l’étude Agarwald, étude indo-américaine, et l’étude Baste, sur la marine norvégienne, qui montrent une diminution de la mobilité, du nombre et de la viabilité des spermatozoïdes proportionnellement à l’utilisation de la téléphonie mobile. Cela mérite bien sûr de poursuivre les recherches dans ce sens. Un conseil simple : il est recommandé dans les notices d’appareils portables de ne pas tenir le téléphone à moins de 2 centimètres du corps. Donc essayez de ne pas positionner votre téléphone contre votre corps.

Lucasm : Est-il préférable de communiquer par le moyen d’une oreillette bluetooth ? Pourquoi ?


C’est un élément capital pour une bonne utilisation du portable. L’utilisation d’un kit piéton ou d’un bluetooth, à moindre effet sanitaire, devrait être obligatoire. En tout cas, l’éducation, notamment des enfants, qui commencent trop tôt à notre sens à utiliser la téléphonie mobile, est un élément capital. La responsabilité des fabricants est importante, car on trouve trop de kits piéton de mauvaise qualité qui se cassent rapidement et qui ne sont pas à la portée de toutes les bourses.

sprea : Mais le bluetooth ne contient-il pas d’onde nocive lui aussi ? Quand on voit les gens avec ce kit accroché à longueur de temps à leur oreille, n’est-ce pas nocif ?


Je préfère l’utilisation du kit filaire oreillette, mais il semblerait que les émissions générées par le bluetooth soient à peu près dix fois moindre que le téléphone collé à l’oreille.  C’est donc a priori un moindre mal.

Pascalou : les téléphones sans fil à la maison sont-ils aussi dangereux ?


Pour ces téléphones sans fil, selon l’étude de Hardell sur les neurinomes et les gliomes, confirmée par le rapport Bioinitiative, il existe les mêmes effets de sur-risques de tumeur chez les gros utilisateurs (une heure par jour pendant dix ans pour une utilisation toujours du même côté de l’oreille). A titre personnel, j’ai remplacé mon sans-fil par un téléphone filaire.

EwryArt : A quelle échéance peut espérer avoir des résultats scientifiques probants sur la nocivité avérée ou non des ondes ?


Je pense que cela va aller très vite, car la problématique en France était qu’on ne s’y intéressait pas, ce qui n’est plus le cas. En attendant de tout savoir et de mieux savoir, notre position est d’adopter un principe de précaution intelligent pour une bonne utilisation du portable et une action législative pour une réduction de puissance des émissions des antennes-relais.  Dans le même esprit, introduire systématiquement du Wi-Fi dans les établissements scolaires ou dans les lieux publics (on l’a vu dans la problématique des bibliothèques de Paris) n’est à notre sens pas souhaitable si l’on peut maintenir un réseau filaire classique.

Daphné : Y a-t-il eu des dépôts de plainte pour mise en danger de la vie d’autrui envers les opérateurs de téléphonie mobile et constructeurs de téléphones du fait d’un effet nocif des ondes ?


En France, il y a eu une plainte concernant deux enfants qui étaient soumis à un rayonnement d’antenne-relais, plainte civile en cours d’instruction. Par ailleurs, il y a eu un jugement récent concernant le démontage d’une antenne-relais qui était située à moins de 50 mètres d’un appartement, sous l’argument que le principe de précaution n’était pas respecté et que, devant le risque sanitaire possible, les riverains exposés à cette antenne ne pouvaient être assurés de ne courir aucun risque sanitaire.

Vincent_31 : Que pensez-vous du fait que le Grenelle des ondes électromagnétiques ait été voulu par les opérateurs de téléphonies mobiles avec pour unique but de conclure que les antennes GSM n’étaient pas dangereuses pour la santé ?

Il faut tout de même savoir que le fait de baisser à 0.6 V l’émission de ces antennes auraient un coût extrêmement élevé pour les opérateurs.

C’est la sensation, quand j’ai été auditionné, que l’on souhaitait mettre tout sur le compte du téléphone portable. Toutefois, notre sentiment est que c’est l’ensemble des ondes électromagnétiques qu’il faut prendre en compte. A la fois préconiser une bonne utilisation du portable, mais aussi réduire les autres expositions, dont celles des antennes-relais. On est d’ailleurs fortement interpellé par le fait que d’autres pays ont déjà baissé la puissance de ces antennes. Par exemple, la Chine est à 6 volts/mètre et nous à 41.
Le Parlement européen, dans le rapport Ries, demande une modification de ces normes. Sur le plan politique national, près de cinq propositions de loi, dont une il y a quelques années de Mme Kosciusko-Morizet, et en juillet 2009 des députés Lucas et Morel-Lhuissier, avec d’autres, ont proposé la réduction d’émission des antennes à 0,6 volt/m. Pour nous, cette valeur entre dans le cadre “alara”, elle est raisonnable et techniquement faisable.

André : L’Académie de médecine a fait un communiqué qui tentait de désinformer les médecins suite à l’appel des 20. Elle tenait le discours des industriels qui disaient : “Pas de problème, dormez bien, tout vas bien, c’est pas dangereux…” Avez-vous les moyens de diffuser à tout le corps médical l’état actuel des connaissances et le niveau réel du risque ?

Nous avons été choqués de cette intervention de l’Académie de médecine, alors que l’appel des 20, initié par David Servan-Schreiber, voulait simplement communiquer sur une bonne utilisation du portable.

Les mois qui ont passé nous donnent raison, puisque le Parlement européen et les parlementaires français commencent à prendre des mesures pour protéger la population, notamment des enfants.  Il n’est pas question de reproduire la problématique de l’amiante, que nous avons interdit vingt-sept ans après la Grande-Bretagne, ce qui a provoqué 100 000 morts entre 1995 et 2005. Le principe de précaution intelligent doit s’appliquer.

admini : Je suis contre le téléphone à l’école. Et vous ?


Il a été démontré par l’étude Gandhi que la pénétration des ondes électromagnétiques était plus importante sur le cerveau d’un enfant, car ses structures sont plus fines. Ce sont des populations plus exposées. Nous sommes donc d’accord avec l’amendement qu’a voté le Sénat hier. Nous avons même demandé lors du Grenelle des ondes la création de forfaits SMS, uniquement pour les plus jeunes.


Bob : Voyez-vous un danger dans les tables de cuisson à induction qui génèrent un fort champ magnétique ?


Les tables à induction génèrent un fort rayonnement électromagnétique. Il faut éviter de s’y tenir à moins d’un mètre cinquante lors de leur fonctionnement, même si la cuisson est rapide, notamment les femmes enceintes. En ce qui concerne le micro-ondes, s’il ne fuit pas, il n’y a pas de souci. Dans le doute, là aussi, éloignez-vous un peu pendant son fonctionnement.

Lulu : Est-il dangereux de dormir à côté de son portable ?


Là aussi, nous recommandons d’éteindre le portable la nuit, nous supplions les enfants et les ados de ne pas le mettre allumé sous l’oreiller, et au minimum, de le tenir à 50 cm de votre tête si vous ne souhaitez pas l’éteindre.

Malia : L’iPhone avec toutes ses applications est-il plus nocif que les autres téléphones ?


Pour l’iPhone, je ne sais pas. La problématique des 3G, c’est la problématique des rayonnements émis par les antennes pour recevoir la 3G ou la télé sur votre portable, qui est encore plus forte que pour le GSM (61 volts/mètre).

André : Les médecins ne sont pas formés sur le sujet des maladies liées aux champs électromagnétiques. Comment concrètement rattraper au plus vite le retard accumulé ?


Les médecins sont globalement mal informés sur la problématique de santé et d’environnement, que ce soit pour les ondes, les produits chimiques, les pesticides, la pollution de l’air (particules, ozone).
Nous réclamons également une formation continue et une formation universitaire forte pour que les médecins puissent répondre aux attentes des patients et puissent jouer leur rôle sociétal, car ils doivent intervenir dans la vie publique pour faire réduire les éléments toxiques qui nous entourent et protéger la santé de nos patients.

Ramon : Quelle solution avez-vous adoptée d’un point de vue personnel ? Est-ce vous utilisez un mobile ? Est-ce que vous avez des rideaux métalliques chez vous pour vous protéger des antennes ?


A titre personnel, je ne suis pas électrosensible, mais je prends au sérieux les gens qui s’en plaignent.
Le problème des médecins est souvent qu’ils ne croient pas ce qu’ils ne connaissent pas. De mon côté, j’utilise le kit ou le haut-parleur, j’éteins le Wi-Fi la nuit, et j’ai remis un téléphone filaire à mon domicile et à mon bureau.

Vipe : Aujourd’hui, les adolescents ont quasiment tous un téléphone portable et il semble difficile de leur en interdire l’utilisation. Que conseillez-vous pour les protéger de ces ondes ?


On ne pourra les empêcher dans notre société de communication d’utiliser la téléphonie mobile. Mais le rôle des parents, des familles, le rôle de l’éducation nationale, et l’interdiction au collège est un premier pas, la formation des médecins, doit permettre de faire comprendre aux ados que tout cela est fait pour les protéger, que cela doit se faire dans la bonne humeur, et qu’à la fin, c’est le plus intelligent qui gagne !

Laure Belot et Sylvie Chayette

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Antennes relais : les assureurs plus prudents que les tribunaux

AgoraVox le média citoyen

Alors qu’une nouvelle étude vient de pointer les dangers des ondes électromagnétiques dégagées par les téléphones portables, l’application du principe de précaution dépend plus de la cartographie judiciaire que de l’évaluation objective des dangers sanitaires. Les assurances ont pourtant moins de scrupules que les tribunaux.

De nombreuses études concordantes attribuent aux antennes-relais un rôle significatif dans le développement des maux de tête, des cancers de la peau ou des tumeurs du cerveau. Une récente étude israélienne vient même de mettre en avant le danger des ondes sur la santé bucco-dentaire.

Tous ces travaux militent d’ailleurs pour l’application du principe de précaution. Pour autant, on observe que les tribunaux font une application encore incohérente de ce principe, même si les verdicts sont de plus en plus prononcés en défaveur des grands opérateurs.
 
Le tournant pris par les tribunaux date du début du mois de Février 2009, lorsque Bouygues Télécom a été condamné à démonter une antenne-relais par la Cour d’Appel de Versailles (qui confirmait la décision du TGI de Nanterre). Une décision qui a ouvert la voie à de nombreuses autres déconvenues pour les opérateurs, le tribunal ayant jugé que cette antenne pouvait constituer un « risque réel pour la santé ».
 
Dès lors, les verdicts défavorables à Orange, Bouygues Télécom et SFR se sont multipliés.
 
Ainsi en Août dernier, le Tribunal de Grande Instance de Créteil a interdit l’installation d’une antenne relais Orange dans le 13ème arrondissement. Motif : cette antenne se situait à moins de 15 mètres de la chambre à coucher de deux personnes âgées.
 
Pourtant, quelques semaines plus tard, en plein mois de Septembre, le Tribunal de grande instance de Lyon refusait aux plaignants le démontage d’une antenne relais au cœur de Lyon.
 
L’antenne se situait pourtant à une quinzaine de mètres de la Cour de récréation de l’école maternelle Gerson dans le Vème arrondissement.
 
Le tribunal a jugé que cette antenne ne constituait pas un trouble de voisinage anormal.
 
Faute de volonté politique pour légiférer, on assiste donc à l’application d’un principe de précaution à géométrie variable.
 
Les grandes compagnies d’assurance elles ont moins de scrupules que le TGI de Lyon. Depuis 2003, la LLoyds, la Swiss de Ré, Allianz refusent de couvrir les opérateurs mobiles contre les risques sanitaires. En France, Axa, la géant de l’assurance a rajouté un avenant aux contrats signés avec les opérateurs mobiles : il n’assure plus aucune entreprise contre les risques électromagnétiques. Une exclusion qui figure dans les annexes aux côtés des risques liés à l’amiante et au plomb…

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