Décoration : gare aux traverses de chemin de fer

lefigaro.fr.gif   Par Marielle Court  le 16/07/2010 | Mise à jour : 12:12

Les professionnels s’engagent à organiser une filière de recyclage de ces vieux bois toxiques. 

Les vieilles traverses de chemin de fer tout comme les poteaux de France Télécom et d’ERDF (Électricité réseau distribution France) ne devraient plus finir leur vie en bordure de potager, comme barrière de jardin, en décoration autour des piscines ou encore en plancher de cuisine… Jeudi, les professionnels ont signé une charte avec Chantal Jouanno, la secrétaire d’État à l’Écologie, dans laquelle ils s’engagent à proscrire la réutilisation de ces vieux bois toxiques par les particuliers, à organiser leur traçabilité et enfin, à mettre en place une filière de collecte et d’élimination.

Il était temps. Toutes ces poutres pseudo-écolos sont traitées à la créosote et parfois avec des sels de cuivre-chrome-arsenic. Des produits (créosote et arsenic) classés cancérigènes, respectivement de classe 2 et 1, et qui perdurent indéfiniment dans le bois. «Pour traiter une traverse en chêne ou en hêtre, il faut entre douze et quinze litres de créosote. Cinquante ans plus tard, le bois est toujours imbibé avec six ou sept litres », rappelle Jacky Bonnemains, le responsable de l’association Robin des bois, à l’origine de l’alerte et signataire de la charte.

Chaque année, ce sont près de 80.000 tonnes de bois traités usagés qui sont retirés des réseaux d’infrastructures de ces opérateurs. France Télécom a pris les devants dès 2000 en développant une filière industrielle, notamment avec une cimenterie, ce qui suppose en amont une unité de broyage et en aval des installations pour récupérer les fumées toxiques. Pour RFF (Réseau ferré de France) l’enjeu reste entier. À lui seul, ce sont plus de 800 000 traverses qu’il va devoir recycler chaque année. «On évalue à six euros le coût de recyclage d’une traverse», explique Hubert du Mesnil, le président de RFF. Une question d’autant plus importante que la créosote est toujours utilisée faute de disposer d’un produit de substitution aussi efficace. «Pour cela il faudra encore attendre au moins dix ans», reconnaît-on dans l’entreprise.

Quant aux particuliers qui ont par le passé choisi d’investir dans ce genre de décoration, il est recommandé d’éviter les contacts cutanés répétés et surtout de brûler ce bois en raison de la grande toxicité des fumées.

Source : http://www.lefigaro.fr/environnement/2010/07/15/01029-20100715ARTFIG00597-decoration-gare-aux-traverses-de-chemin-de-fer.php

En savoir plus :  http://www.lelotenaction.org/rubrique,lot-pollution-a-la-creosote,491342.html

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