Téléphonie mobile et Alzheimer : deux sons de cloches

dddurable.png Écrit par Yves Heuillard     Le 11 janvier 2010

Le site Internet du journal Le Monde rapporte, dans son édition du 8 janvier, que des travaux de scientifiques mettent en évidence des effets bénéfiques des ondes de téléphonie mobile sur la maladie d’ Alzheimer chez les souris. Une actualité qu’il faut cependant remettre en perspective : d’autres études avaient auparavant montré, qu’à l’inverse, les ondes pouvaient contribuer au déclenchement de la maladie.

L’étude citée par Le Monde a été menée par une équipe de chercheurs de l’université de Floride du Sud (Etats-Unis), de l’université médicale de Saitama (Japon) et de l’université médicale de Dalian (Chine) et a été publiée le 6 janvier dans le Journal of Alzheimer’s Disease. Le Monde indique que selon le rapport des chercheurs, une exposition à long terme des souris à un champ électromagnétique similaire à celui d’un téléphone mobile (918 MHz ; 0,25 W/kg) entraîne un bénéfice préventif et même curatif sur la maladie d’Alzheimer. Les auteurs sont très prudents quant à toute extrapolation des résultats aux humains.

Une étude moins récente (2003) conduite par des chercheurs suédois, et rapportée cette fois par la BBC, faisait état de dommages créés, par les champs électromagnétiques des mobiles sur les régions du cerveau des rats liées à la mémoire, à l’apprentissage, et au mouvement. Les chercheurs, le Professeur Leif Salford et ses collègues de la Lund University à Malmö (Suède) sugggèrent, également avec prudence, une influence possible sur l’apparition des premiers symptômes de la maladie D’Alzheimer, mais précise que : “nous avons de bonnes raisons de croire que ce qui apparaît dans le cerveau des rats peut apparaître dans le cerveau humain”.

De ces études, parmi d’autres (1), il ressort, mais ce n’est pas nouveau, que l’influence des rayonnements électromagnétiques sur le cerveau et de manière générale sur les tissus vivants, est avérée. Maintenant, les deux études citées ici ne sont pas nécessairement en contradiction. Notre lecteur sait que la radioactivité est à la fois à l’origine de cancers, et utilisée en radiothérapie ; qu’un peu de rayonnement ultra-violet est nécessaire à la vie, mais que trop l’éliminerait ; que les mortels rayons X sont, à dose convenable, un outil formidable de la médecine. On pourrait citer des dizaines d’exemple de ce type. Tout est question de dose, de forme d’onde, de durée, de durée d’exposition, de durée d’observation, de protocole. Le problème, c’est que l’espace public n’est pas un laboratoire.

(1) Voir le rapport Bioinitiative (synthèse en français). Voir également l’ouvrage d’Etienne Cendrier, Téléphonie mobile, vers un scandale sanitaire  ?  

Source :  http://www.ddmagazine.com/201001091649/Actualites-du-developpement-durable/Telephonie-mobile-et-Alzheimer-deux-sons-de-cloches.html

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