Lobbies

Communiqué de presse de Robin des Toits

robindestoits-logoParis, le 09 Novembre 2016
Communiqué de Presse
Ondes électromagnétiques : des conflits d’intérêts et des pratiques condamnables au Comité Economique et Social Européen (CESE)

De nombreux mois après une plainte déposée par des organisations européennes concernées et regroupées dans une Coordination Européenne des Organisations pour une Réglementation de l’Exposition aux Champs Electromagnétiques, la Médiatrice européenne reconnaît pour la première fois un conflit d’intérêts mettant en cause des entreprises d’électricité et de télécommunications et une institution consultative européenne pour éviter la prévention et la reconnaissance intégrale de l’électrohypersensibilité (EHS).

Un avis concernant l’EHS et visant à diminuer les seuils d’exposition aux ondes électromagnétiques devait être voté après longue discussion et accord sur le contenu. Lors de la session plénière du CESE du 21 Janvier 2015, il a été approuvé de justesse un amendement global (“contravis”), de type négationniste, présenté irrégulièrement (un jour seulement avant le vote) par M. Richard Adams qui, de plus, a caché ses conflits d’intérêt: partie liée à un conglomérat d’industries de l’électricité et de la téléphonie (ex. : Vodafone), et conseiller de l’une des cinq entreprises électriques et gazières les plus importantes en Europe qui promeut également les réseaux et les compteurs intelligents (faisant appel aux radiofréquences / micro-ondes pour la transmission de données). Cette irrégularité vient d’être reconnue par la Médiatrice Européenne.

Pour plus de détails: communiqué daté du 26 octobre de la Coordination Européenne
citée.

Contact :
Pierre-Marie THEVENIAUD
pm-theveniaud@robindestoits.org

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OGM – L’étude de Séralini validée par un membre de l’Académie des sciences

ENVIRO2B  Publié par  le 21/02/13 dans la catégorie Fil Info.

Paul Deheuvels

Dans une interview exclusive à paraître dans le magazine Rebelle-Santé du 23 février, Paul Deheuvels, membre de l’Académie des sciences et Directeur du Laboratoire de Statistique Théorique et Appliquée de l’Université de Paris VI, confirme la validité scientifique de l’étude sur les OGM dirigée par Gilles-Eric Séralini et dénonce les fonctionnements internes de l’Académie des Sciences.

Lire la suite sur le site de ENVIRO2B

SOURCE : http://www.enviro2b.com/2013/02/21/ogm-letude-de-seralini-validee-par-un-membre-de-lacademie-des-sciences/

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Mediator : deux ex-responsables de l’Agence du médicament mis en examen

leparisien-copie-1.jpg   Publié le 18.02.2013, 16h14 | Mise à jour : 17h18

Quatre nouvelles personnes ont été mises en examen dans l'affaire du Mediator, ce médicament retiré du marché en 2009.  

Qatre nouvelles personnes ont été mises en examen dans l’affaire du Mediator, ce médicament retiré du marché en 2009.   | LP/Philippe Lavieille

Deux ex-responsables de l’Agence du médicament, Jean-Michel Alexandre et Eric Abadie, ont été mis en examen entre le 12 et le 14 février dans le volet tromperie et conflit d’intérêt de l’enquête sur le Mediator. Parallèlement, un responsable des laboratoires Servier, fabricant du Mediator, et une ancienne salariée du groupe ont également été mis en examen. 

l’information a été révélée par France Info.

Le professeur Alexandre a été mis en examen pour «participation illégale d’un fonctionnaire dans une entreprise précédemment contrôlée». Il a été président de la commission d’autorisation de mise sur le marché (AMM) à l’Agence du médicament (Afssaps à l’époque) de 1985 à 1993, puis directeur de l’évaluation des médicaments de 1993 à 2000 et président du comité des médicaments de 1995 à 2000.

Selon «Le Figaro», il est ensuite devenu, sans délai, consultant pour l’industrie pharmaceutique et a touché 1,2 million d’euros de Servier entre 2001 et 2009.

L’Agence veut se constituer partie civile

Le Dr Abadie, qui a longtemps été conseiller scientifique auprès du directeur général de l’Afssaps (Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé), devenue ANSM début 2012, a de son côté été mis en examen pour prise illégale d’intérêt. Son épouse a été mise en examen pour recel.

L’ANSM (Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé) a confirmé lundi son intention de se constituer partie civile contre ses deux ex-responsables.

Dans un entretien au «Figaro» publié lundi, les deux avocats de l’Agence, Nathalie Schmelck et Pierre-Olivier, ont expliqué que l’ANSM était «fondée à se constituer partie civile contre ces personnes physiques». «En effet, si les charges s’avéraient confirmées, elles auraient commis des fautes détachables qui obligeraient l’ANSM à les poursuivre, car lesdites personnes physiques auraient agi contre l’intérêt de l’Agence qui, elle-même, défend l’intérêt général de santé publique», expliquent-ils.

Un cadre et une ancienne de Servier également mis en examen

Parallèlement, un responsable des laboratoires Servier, Christian Bazantay, a été mis en examen pour «complicité du délit de participation illégale d’un fonctionnaire à une entreprise précédemment contrôlée», a indiqué une source judiciaire.

Une ancienne salariée de Servier a également été mise en examen pour «complicité et recel d’un délit de participation illégale d’un fonctionnaire à une entreprise précédemment contrôlée», selon la même source.

Marlène May Garnier avait, selon «le Figaro», créé une société baptisée Cris, qui était partiellement financée par Servier et qui a en particulier fait travailler le Pr Alexandre. Pour sa part, Christian Bazantay est secrétaire général du groupe pharmaceutique et a signé le contrat liant Cris à Servier, selon le quotidien.

Le Mediator, qui contient une molécule coupe-faim, le benfluorex, a été prescrit pendant trente ans, d’abord contre l’excès de graisses dans le sang, puis comme traitement adjuvant chez les diabétiques en surpoids, avant d’être retiré du marché le 30 novembre 2009.

LeParisien.fr avec l’AFP

Source : http://www.leparisien.fr/societe/mediator-deux-anciens-responsables-de-l-agence-du-medicament-mis-en-examen-18-02-2013-2578035.php

en 

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Académie de médecine : Une crédibilité digne de la Star’Académy !

http://www.electrosensible.org/b2/index.php

Par Le collectif le Jan 25, 2013 | Dans Accueil | 1 réaction »

OGM, téléphonie mobile, amiante, gaz de schiste, diesel, radioactivité… les Académies ont pris la mauvaise habitude, année après année, de s’ériger en porte-drapeau du conservatisme écologique et sanitaire.

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Après avoir incriminé les éoliennes pour leur nuisance sonore supposée (ce que conteste l’Agence française de sécurité sanitaire environnementale), après avoir mise en cause l’étude scientifique du Pr Gilles-Eric Serralini sur les OGM sans pour autant se donner les moyens de justifier les critiques émises, après avoir minimisé l’impact sanitaire de l’amiante dans les années 90, après avoir nié l’impact des faibles doses de radiations sur l’émergence de cancers, l’Académie de médecine se veut rassurante sur les effets des ondes de la téléphonie mobile sur la santé humaine tout en invitant les parlementaires à ne pas adopter une proposition de loi visant notamment à mieux encadrer l’implantation des antennes relais.

L’anecdote veut que l’Académie de médecine, dans sa grande sagesse, se soit trompée de proposition de loi en ciblant, dans un premier temps, la proposition de loi de Jean-David Ciot au lieu de celle de Laurence Abeille qui sera effectivement débattue à l’Assemblée nationale le 31 janvier 2012 ! L’Académie de médecine fonde son argumentation sur le fait que l’Organisation mondiale de la santé aurait classé les seules ondes du portable dans la catégorie « cancérigène possible » et pas les ondes des antennes relais. Aussi incroyable que cela puisse paraître, cet argument est faux. La crédibilité scientifique semble assez éloignée du but recherché par l’Académie de médecine !

Il est peu de dire qu’un avis rassurant de l’Académie de médecine résonne désormais comme la reconnaissance implicite d’un risque. Que l’un des académiciens ait été, par le passé, membre du conseil scientifique de Bouygues Telecom ne fait que corroborer cette thèse. Avec une étonnante facilité, l’Académie de médecine n’a qu’à éditer un simple communiqué de presse pour qu’il soit publié sans distance. Au regard du passif entourant les thèses défendues par cette Académie, la prudence et la vérification des informations devraient être systématiquement de mise.

Alors que la réglementation relative aux conflits d’intérêt liant les experts à l’industrie expertisée ne cesse de se durcir, il serait grand temps que l’Académie de médecine, dont le budget est issu d’une contribution du ministère de l’éducation et dont la vocation est de conseiller le gouvernement, fasse l’effort de rompre certains liens incestueux avec l’industrie. Il en va de sa légitimité et de sa crédibilité de cette « institution ».

Source : Notre partenaire Agir pour l’environnement
http://www.agirpourlenvironnement.org/blog/academie-de-medecine-une-credibilite-digne-de-la-star-academy-3543

Le communiqué de l’Académie de médecine difficile à trouver!


Dans le même temps l’académie Américaine de pédiatrie lance une nouvelle alerte qui ne va pas du-tout dans le même sens que l’Académie de médecine Française.


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OGM : la guerre secrète pour décrédibiliser l’étude Séralini

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LES BLOGS

Benjamin Sourice
Journaliste chez Précaire&Militant
Publié le 12/11/2012 à 13h15

Des grains de maïs MON810, génétiquement modifiés, produits par Monsanto, lors d’une manifestation anti-OGM à Trèbes, près de Carcassonne, le 23 janvier 2012 (ERIC CABANIS/AFP)

Pour enterrer définitivement l’étude controversée du professeur Gilles-Eric Séralini tendant à démontrer la nocivité potentielle d’un maïs OGM et de l’herbicide Roundup,ses détracteurs ont trouvé un moyen simple : obtenir de la très sérieuse revue Food and Chemical Toxicology (FCT) qui l’a publiée, qu’elle se rétracte et « retire » l’étude de la liste de ses publications.

C’est à quoi s’emploient de nombreux experts, dans une bataille qui ressemble à une opération savemment orchestrée. Une véritable guerre de relations publiques où tous les coups sont permis.

La revue scientifique a publié en ligne une vingtaine de lettres de détracteurs ainsi qu’une « réponse aux critiques » rédigée par l’équipe Séralini. Débat scientifique légitime, me diriez-vous ? Pourtant, derrière la cohorte des titres universitaires affichés, se dessine une « biotech-sphère » où s’entremêlent chercheurs en biotechnologie, spécialistes en politique de régulation et représentants de l’industrie.

La tactique de ces partisans de la biotechnologie ? Dénoncer la « mauvaise science » (« junk science ») de ces « chercheurs-militants » systématiquement présentés comme des « activistes liés à la cause écologiste » et « animés d’intérêts personnels ».

Un réseau international

L’une des premières lettres publiées est collective. Elle est signée par 26 personnes, pour la plupart des scientifiques, dont le détracteur national de Séralini : Marc Fellous de l’Association française pour les biotechnologie végétale (AFBV).

OGM : DEUX ARTICLES POUR POURSUIVRE LE DÉBAT

Nous publions ce lundi deux articles extrêmement contradictoires mais qui nous semblent intéressants l’un et l’autre, deux pièces à apporter au dossier OGM

Notre blogueur Benjamin Sourice, journaliste mais aussi militant anti-OGM (il a fondé le collectif « Combat Monsanto ») a enquêté sur les liens entre les détracteurs de l’étude de Gilles-Eric Séralini sur la supposée nocivité des OGM. Il en ressort que nombre d’entre eux sont liés à l’industrie agroalimentaire, voire à Monsanto.

Jérôme Quirant, pour sa part, membre du comité éditorial de « Science et pseudo-science », récapituleavec une grande clarté toutes les critiques – qu’il partage – contre l’étude de Séralini.

P. Riché

L’AFBV est également derrière lecommuniqué vengeur des Académies [PDF] dénonçantl’« orchestration de la réputation d’un scientifique […] pour répandre des peurs » ou insistant sur le profil « militant » deGilles-Eric Séralini.

Après enquête, nombre des co-signataires, aux côtés de Marc Fellous, sont liés au groupe pro-OGM Agricultural biotechnology world (AgBioWorld) animé par le généticien C.S Prakash, lui-même signataire de la lettre collective.

Prakash et son organisation sont également les auteurs de deux pétitions [la première recueille 57 signatures  ; la seconde 731] pour réclamer « la diffusion des données brutes » de Gille-Eric Séralini. Etonnamment, les premières signatures de chaque pétition correspondent aux mandataires de lettres envoyées à la revue FCT. Par ailleurs, de nombreux signataires anonymes profitent de ces pétitions en ligne pour écorner la réputation du Pr. Séralini

Campagnes virales et diffamation

En 2002, le quotidien britannique The Guardian révélaitqu’AgBioWorld avait joué un rôle majeur dans une « campagne virale » de diffamation contre le lanceur d’alerte Ignacio Chapelaaprès qu’il eut découvert la pollution génétique du maïs mexicain par des OGM.

L’enquête indique que le site de l’association était hébergé par le cabinet de communication Bivings, mandaté par Monsanto et dirigé par un certain Jay Byrne.

Celui-ci utilisait de fausses identités (« Mary Murphy et Andura Smetacek ») pour parler au nom « de la communauté scientifique » et insister sur les liens de Chapela avec les écologistes, assimilés à des « terroristes » et des « vandales ».

La société Bivings a été dissoute en décembre 2011 suite à une cyber-attaque des Anonymous dans la cadre de l’opération « End Monsanto ». Mais Byrne a depuis repris ses quartiers à Saint Louis (Illinois, USA), où siège Monsanto, avec sa nouvelle société V-fluence.

C’est le même type de stratégie de diffamation que suit Henry Miller, signataire du courrier collectif à FCT, référent « régulation sanitaire » d’AgBioWorld et membre du think-tank néoconservateur Hoover Institution.

Dans une série d’articles publiée par Forbes, il qualifie l’étude Séralini de « frauduleuse » et dénonce les « profiteurs de peur » issus d’une« industrie de la protestation financée par les intérêts du bio ».

Or, cette tribune au vitriol est cosignée… par Jay Byrne. Le magazinea dû révéler a-posteriori son CV de responsable de la communication virale pour Monsanto (1997-2001).

Le CV de Henry Miller est tout aussi intéressant puisqu’il s’agit du « père fondateur » (1989-1994) de la réglementation des OGM au sein de l’Agence fédérale américaine des produits alimentaires et médicamenteux (Food and drug administration). Il est l’architecte, avec l’ancien avocat de Monsanto Michael Taylor, du fameux« principe d’équivalence en substance », la pierre angulaire de la réglementation des OGM dans le monde entier.

Des conflits d’intérêts masqués

Autre tactique saisissante parmi les détracteurs de Séralini : dissimuler leur lien avec l’industrie en se présentant systématiquement comme des scientifiques rattachés à des universités ou des centres de recherche.

Il en va ainsi pour Anthony Trewavas et Bruce Chassy, référents « biologie » et « OGM » d’AgBioWorld. Tous deux auteurs de courriers réclamant la rétractation de Food and Chemical Toxicilogy.

Se présentant comme professeur émérite en sécurité alimentaire à l’université de l’Illinois, Chassy est un lobbyiste ayant participé à la rédaction de travaux pour Dow Chemicals, autre géant des biotech, afin de simplifier, voir supprimer, les réglementations sanitaires sur les OGM. Il est également le directeur de publication, avec un salarié de Monsanto, de deux rapports d’orientation [2004, PDF ; 2008, PDF] sur la réglementation des OGM pour l’International life science institute (ILSI), le principal lobby sur les questions de réglementation sanitaire touchant à l’agroalimentaire.

A noter que deux dirigeants du panel OGM de l’Agence européenne de sécurité alimentaire (EFSA), Harry Kuiper, qui l’a dirigé pendant près de dix ans (2003-2012) et Gijs Kleter, son actuel vice-président, ont travaillé sur ces documents stratégiques de l’ILSI sous la direction de Chassy.

Par ailleurs, si trois auteurs de lettres spécifient ouvertement leur lien contractuel avec Monsanto, le Dr. Andrew Cockburn se présente modestement comme « toxicologiste à l’université de Newcastle ». Pourtant, jusqu’en 2003, M. Cockburn était Directeur Scientifique pour Monsanto Europe/Afrique avant de monter sa société de lobbying Toxico-Logical Consulting Ltd

Et puisque ce monde est petit, le Dr. Cockburn est également directeur du Groupe d’Experts de l’ILSI sur l’évaluation des aliments contenant des nano-matériaux…

Un lobby à 13 milliards de dollars

La litanie des conflits d’intérêts et autres positionnements pro-biotech de la cinquantaine de détracteurs publics de l’étude Séralini pourrait se poursuivre sur des pages. On croise des représentants de syndicats indiens de promotion des biotechnologie, d’autres souhaitant stopper la faim dans le monde avec une ration d’OGM, ou encore des spécialistes de la communication pro-OGM (David Tribe) et autreslobbyistes travaillant entre São Paulo (Lucia de Souza), Washington et Bruxelles, le triangle d’or des OGM…

Un monde clos qui réagit de façon épidermique à l’étude Séralini, celle-ci menaçant la stratégie commerciale bien huilée d’une industrie des semences OGM engrangeant 13 milliards de dollars en 2011. Face au poids de ce lobby, déterminé à enterrer toute voix discordante, la revue Food and Chemicals Toxicology pourra-t-elle résister ?

SOURCE : http://blogs.rue89.com/de-interet-conflit/2012/11/12/ogm-la-guerre-secrete-pour-decredibiliser-letude-seralini-228894

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Antennes relais: conflits d’intérêts?

L’EXPRESS   Justine Sagot, publié le 09/11/2012 à 19:12

Deux rapports sur les antennes relais ont conclu à l’absence de risque sanitaire avéré. Mais selon le Dr Annie Sasco, il pourrait être biaisé par des conflits d’intérêts.  

Selon le Docteur Annie Sasco, directrice de recherche à l’Institut national de la santé et de la recherche médicale, les discordances scientifiques au sujet de la dangerosité des antenness’expliqueraient en partie par les conflits d’intérêts auxquels certains spécialistes seraient confrontés. L’un des cas parfois évoqués à ce propos est celui de Bernard Veyret. Tout en étant membre du conseil scientifique de Bouygues Télécoms depuis 2001, ce scientifique de renom a été président de l’étude « Téléphonie mobile et santé », menée par l’Agence française de sécurité sanitaire et environnement en avril 2003, puis expert au sein d’une étude confiée à la même agence et publiée en 2005. Ces deux rapports majeurs ont conclu à l’absence de risque sanitaire avéré. 

Sollicité par L’Express, Bernard Veyret se défend de tout manque d’impartialité:  » Si l’Afsse m’a nommé en tant qu’expert pour mener certaines études, c’est qu’elle a estimé que je ne présentais aucun conflit d’intérêts. Je suis membre du comité scientifique d’un opérateur, c’est une situation courante pour de nombreux scientifiques, il faut bien que les opérateurs aient un avis scientifique direct sur les effets sanitaires de leurs produits, et cela constitue le meilleur moyen d’être au fait de l’évolution de l’industrie ». 

Le cas de Bernard Veyret n’est pas isolé. Le 22 mai 2011, alors qu’il s’apprêtait à présider le groupe d’experts en épidémiologie du CIRC à l’OMS, groupe chargé d’évaluer les effets des ondes électromagnétiques au regard de l’ensemble des études publiées, le professeur suédois Anders Ahlbom avait été démis de ses fonctions en raison d’un conflit d’intérêts révélé par les médias. Le professeur avait en effet fondé en 2010 la société de lobbying « Gunnar Ahlbom AB « , basée à Bruxelles et spécialisée dans le conseil auprès de l’industrie des télécommunications, notamment en matière de réglementation européenne. D’après Annie Sasco, de nombreux laboratoires et études dans ce domaine sont financés par l’industrie de la téléphonie mobile, à défaut de financements publics. « Je me bats pour une recherche totalement indépendante de l’industrie » déclare-elle, mais force est de constater qu' » en France, les chercheurs lanceurs d’alerte rencontrent des difficultés pour effectuer leurs travaux, ils sont peu protégés ».

SOURCE : http://www.lexpress.fr/actualite/sciences/sante/antennes-relais-conflits-d-interets_1185523.html

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OGM : des académiciens (anonymes) désavouent le Professeur Séralini

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Benjamin Sourice
Journaliste pigiste

Les voies des académies scientifiques sont décidément bien mystérieuses. Dans un communiqué de presse [PDF] émis vendredi 19 octobre, les académies de science, médecine, pharmacie et leurs consœurs désavouent les travaux du Professeur Séralini sur le maïs GM NK603 et le Roundup.

Les académiciens annoncent :

« Les données présentées ne peuvent remettre en cause les études ayant conclu à l’innocuité sanitaire […] des plantes génétiquement modifiées. »

Ce nouvel avis d’experts n’apporte en soit pas d’éléments scientifiques nouveaux, mais porte un coup dur à la réputation du Professeur Séralini.

« Nos critiques portent sur la méthodologie et la déontologie », préciseJean-François Bach, secrétaire perpétuel de l’Académie des sciences, indiquant également :

« Nous avons fait le choix de ne pas considérer dans l’immédiat la toxicité rénale et hépatique, mais de nous intéresser aux tumeurs qui sont au centre de l’intérêt médiatique apporté à cette étude. »

« Sollicitées par des académies étrangères »

Alors que l’expertise des académies n’a pas été demandée par l’Etat, Jean-François Bach raconte que la réflexion du groupe est partie de « discussions informelles » à la suite du « coup médiatique ».

Mais c’est après « avoir été sollicités par des académies étrangères dont les pays ont été impactés par la publication de l’étude » que les membres ont décidé de monter un groupe ad hoc à la composition tenue secrète pour rendre cet avis ponctuel.

Un manque de transparence que confirme au Nouvel ObservateurPaul Deheuvels, membre de l’Académie des sciences et statisticien ayant pris fait et cause pour le professeur Séralini :

« Un groupe d’experts a été convoqué en urgence, on ne sait par qui, on ne sait comment. Ces personnes ne peuvent prétendre à elles seules incarner l’avis du monde scientifique français. »

Jean-François Bach conteste cette version des faits, « chaque académie a mandaté des délégués » et le panel réuni sur la base des « compétences et de la multidisciplinarité », ce qui « inclut bien entendu des experts en biotechnologie ». Mais impossible d’obtenir la moindre référence…

Un anonymat bien arrangeant

Les experts en biologie végétale ne sont pourtant pas si nombreux au sein de ces académies, pourquoi ne pas vouloir révéler leurs noms ? De potentiels conflits d’intérêts à masquer ? Jean-François Bach répond :

« Il est très difficile de garantir une absence totale de conflits d’intérêts, je ne connais pas le CV de chaque personne. D’ailleurs, un spécialiste qui n’aurait jamais eu de lien avec l’industrie au long de sa carrière, ce serait inquiétant. Il ne faudrait pas éliminer des compétences pour ce motif. »

Ces messieurs de l’Académie auraient pu faire preuve d’un peu plus de courage aux vues des entailles portées à la réputation de Gilles-Eric Séralini, accusé d’« orchestrer sa notoriété » pour « répandre des peurs » auprès du « grand public »…

Des attaques non sans rappeler celles qui valurent à Marc Fellous et l’Association française de biotechnologie végétale une condamnation pour diffamation à l’encontre de Gilles-Eric Séralini en 2011. D’ailleurs, à cet égard, le comité de parrainage de cette association de promotion des OGM est très largement composé de membres des académies signataires.

Recontextualiser l’apport des académies

La violence des propos tenus contre Gilles-Eric Séralini rappelle à quel point il est nécessaire de contextualiser les travaux de ces académies aux positions souvent conservatrices et parfois hors de toute considération scientifique.

Ces instances sont de véritables arcanes où se mêlent sciences et politiques, et où les effets de groupes sont indissociables du mode d’élection par cooptation entre « pairs », ce qui entraîne bien des intrigues parmi ces chevaliers pas toujours si verts.

Des jeux d’influence qui peuvent mener au déni des évidences scientifiques les plus flagrantes. Dans un rapport de septembre 1994, l’Académie des sciences minimisait les risques des dioxines et indiquait qu’il serait « très souhaitable que soit évitée une réglementation excessivement contraignante » en la matière.

Trois ans plus tard, la dioxine est classée « cancérogènes pour l’homme » par l’Organisation mondiale de la santé.

En avril 1996, l’académie de médecine n’avait pas brillé non plus par sa clairvoyance sur la toxicité de l’amiante, allant même jusqu’à nier publiquement les risques sur la population de cette fibre hautement cancérigène.

Interrogé sur le sujet, Jean-François Bach reste lapidaire :

« Honnêtement, je pense que personne n’est à l’abri de se tromper. Il y a effectivement eu une sous-estimation des risques. »

On dit les académiciens « immortels », espérons que cette grâce touche un jour les pauvres cobayes que nous sommes…

Voir aussi : http://blogs.rue89.com/de-interet-conflit/2012/10/22/ogm-et-pesticides-il-faut-des-recherches-sur-les-effets-long-terme

Source : http://blogs.rue89.com/de-interet-conflit/2012/10/21/ogm-les-academies-scientifiques-desavouent-le-professeur-seralini

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Guerre secrète du tabac : la "French connection"

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LE MONDE SCIENCE ET TECHNO | 25.05.2012 à 19h13 • Mis à jour le 25.05.2012 à 19h13

Par Stéphane Foucart et David Leloup

Lettre de juin 1989 adressée à des hauts cadres de Philip Morris.Lettre de juin 1989 adressée à des hauts cadres de Philip Morris. | D.R.

Le 19 juin 1989, Keith Teel, avocat au cabinet Covington & Burling, écrit un mémo confidentiel à plusieurs hauts cadres de Philip Morris. « Depuis un certain temps, écrit-il, nous travaillons à recruter des scientifiques français qui pourraient nousaider sur le problème de l’ETS environmental tobacco smoke, littéralement « fumée ambiante du tabac« . La semaine dernière, en France, chez John Faccini, les membres de notre groupe britannique ont rencontré quatre scientifiques français qui, espérons-le, formeront [en France] le noyau dur d’un groupe de sept à neuf consultants sur la question de la qualité de l’air intérieur et de l’ETS. » La rencontre qu’il y détaille a lieu chez un consultant d’origine britannique installé en France, ancien du groupe Pfizer devenu directeur de l’Institut français de toxicologie, une société privée installée à Lyon. Elle donne le coup d’envoi de la participation occulte d’un petit groupe de chercheurs français à une vaste campagne de propagande scientifique pour dédouaner le tabagisme passif de ses méfaits. Une plongée dans les documents internes que les cigarettiers américains ont depuis été contraints, par décision de justice, de rendre publics, offre un aperçu fascinant et inédit des « French connections » de cette conjuration.

Mais pour comprendre le « problème de l’ETS » qu’évoque l’avocat dans son mémo, il faut d’abord revenir en 1981. Cette année-là, le 17 janvier, le British Medical Journal publie les résultats d’une grande enquête épidémiologique montrant, sans ambiguïté, le lien entre tabagisme passif et cancer du poumon. L’étude menée par Takeshi Hirayama (Institut national de recherche sur le cancer, Tokyo) est solide. Plus de 91 000 femmes, non fumeuses et âgées de plus de 40 ans, recrutées sur l’ensemble du territoire nippon ont été suivies pendant près de quinze années : celles qui partagent la vie d’un fumeur montrent un risque de cancer pulmonaire accru, proportionnel à la quantité de cigarettes quotidiennement consommées par leur compagnon… Dans les années suivantes, une abondante littérature confirmera et renforcera ce constat.

Pour les cigarettiers, le risque se concrétise vite. Dès le milieu des années 1980, une trentaine d’Etats américains considèrent que les preuves scientifiques apportées suffisent à bannir la cigarette des lieux publics. D’où une baisse de laconsommation. La réaction ne se fait pas attendre. Pour éviter la contagion, les industriels mettent sur pied un réseau mondial de ceux qu’ils nomment dans leurs documents internes les « blouses blanches » : des scientifiques secrètement rémunérés par eux comme consultants. « Le but de ce programme était d’identifier, de former et de promouvoir des scientifiques, médecins ou ingénieurs qui ne seraient pas assimilés à l’industrie par le public », expliquent Joaquin Barnoya et Stanton Glantz (université de Californie à San Francisco), deux des meilleurs connaisseurs des stratégies de l’industrie cigarettière, dans une analyse publiée en 2005 dans l’European Journal of Public Health. De fait, pour n’avoir aucun contact direct avec les cigarettiers, c’est le cabinet d’avocats Covington & Burling, mandaté par Philip Morris, qui s’occupe de recruter les « blouses blanches », de lespayer, de les défrayer et de rendre compte de leurs activités.

Un mémo interne de Philip Morris, daté d’avril 1988, décrit en termes simples l’objectif du projet : « Il permettra de continuer d’utiliser l’argument selon lequel il n’y a pas de preuve scientifique convaincante que l’ETS représente un risque pour les non-fumeurs. » Une autre note interne, datée de février de la même année, explique qu’il devra « disperser les suspicions de risques » – en mettant systématiquement en avant d’autres polluants de l’air intérieur.

Qui sont les « quatre scientifiques français » mentionnés par Covington & Burling dans le mémo de juin 1989 ?

Le message de l’avocat ne précise pas le nom de ces « consultants » français. Quelques mois plus tard, Philip Morris fait organiser à Montréal (Canada) un »symposium international sur l’ETS ». La conférence semble d’abord un événement scientifique « normal » : elle se tient dans les murs d’une prestigieuse institution – l’université McGill – et est financée par une organisation au nom rassurant – l’Institute for International Health and Development (IIHD). La « conférence de McGill » est aujourd’hui citée comme un modèle de manipulation de la science et d' »industrie du doute ».

Car non seulement l’IIHD était une organisation-écran de l’industrie du tabac, non seulement les portes de l’université McGill avaient été ouvertes par le toxicologueDonald Ecobichon, un professeur de l’institution financée par les cigarettiers, mais la totalité des quelque 80 participants étaient invités, et payés ou défrayés, par Covington & Burling. Les « tobacco documents » mentionnent parmi eux quatre Français : André Fave, présenté comme un vétérinaire sans affiliation académique, Roland Fritsch et Guy Crépat, professeurs de biologie à l’université de Bourgogne, et Alain Viala, professeur à la faculté de pharmacie de Marseille…

Comment évaluer leur rôle ? D’abord, leur seule présence sur la liste des participants contribue à donner un caractère international à l’événement, gage de crédibilité. Dans un rapport d’activité adressé à ses commanditaires, Covington & Burling se félicite ainsi que « quelque 30 scientifiques européens de sept pays différents » aient participé à l’événement. Ensuite, il s’agissait pour les quatre Français de se « former » à la rhétorique de l’industrie. De fait, dans le mémo de juin 1989, Covington & Burling déplore que les scientifiques français approchés, bien que désireux de s’investir, soient désarmés sur le terrain du tabagisme passif. Dès lors, écrivent les avocats de Covington & Burling, « nous avons pensé qu’il serait utile qu’ils échangent avec plusieurs de nos scientifiques britanniques plus avertis ». Lesquels sont présents en masse à Montréal.

Quant à l’utilité de la conférence, elle ne fait aucun doute : Covington & Burling précise que le compte rendu, édité sous forme de livre, a été distribué en Europe à »des journalistes et des parlementaires ». Quelque 400 copies ont été ainsi écoulées. Or les conclusions du conclave sont, bien sûr, que le tabagisme passif est « un sujet controversé », en raison « du peu de confiance dans les publications », de « l’impossibilité à conclure » du fait des « biais introduits dans les travaux sur l’ETS »… Bref, qu’il n’y a encore nulle raison d’exclure la cigarette des lieux publics. Dans les documents internes du Tobacco Institute – un think tank financé par les majors du tabac -, on trouve ainsi une lettre type exposant les conclusions de la »conférence de McGill » adressée à plusieurs dizaines de journalistes américains de la presse nationale et régionale identifiés comme « équilibrés » ou « favorables »…

Les quatre Français présents à Montréal en novembre 1989 ont continué, dans les années suivantes, à percevoir de l’argent de Covington & Burling. Et dès 1990 d’autres Français les rejoignent sur les listes de consultants dressées par le cabinet d’avocats. On y trouve Dominique Bienfait (chef du service aérolique et climatisation du Centre scientifique et technique du bâtiment), André Rico (toxicologue à l’Ecole nationale vétérinaire de Toulouse, légion d’honneur 1998), Georges Tymen (spécialiste des particules en suspension dans l’atmosphère à l’université de Brest), John Faccini (alors président de la Fédération internationale des sociétés de toxicologues-pathologistes) ou encore Jacques Descotes(aujourd’hui directeur du Centre antipoison – Centre de pharmacovigilance du CHU de Lyon)…

Seule une part des émoluments des « blouses blanches » françaises figure dans les »tobacco documents », les archives de l’industrie n’étant encore pas intégralement numérisées. Le bilan 1991 de Covington & Burling indique par exemple que les sommes offertes à chacun varient considérablement, des modiques 2 279 francs suisses (2 580 euros courants) de M. Descotes, qui n’a semble-t-il joué qu’un rôle mineur dans le dispositif, aux 46 445 francs suisses (52 584 euros courants) de M. Faccini, discrètement versés sur un compte en Suisse. La moyenne se situe sur 1991 autour d’une dizaine de milliers de francs suisses par consultant. Ces rémunérations sont toutefois très inférieures à celles des consultants britanniques dont certains sont payés jusqu’à dix fois plus.

Ces sommes ne sont pas des crédits de recherche. A quels servicescorrespondent-elles ? Souvent, les documents ne l’explicitent pas. « J’ai été contacté, au début des années 1990, par un toxicologue britannique du nom de George Leslie qui m’a proposé de faire partie d’un groupe de scientifiques intéressés par l’étude de la pollution de l’air intérieur, raconte Jacques Descotes, seul « consultant » que nous ayons réussi à joindre et à faire réagir à sa présence dans les « tobacco documents ». J’ai accepté, mais mon seul contact a toujours étéGeorge Leslie et je n’ai jamais eu de liens avec Philip Morris ou Covington & Burling. Je n’ai jamais été payé. Les 2 279 francs suisses dont il est question dans les documents sont vraisemblablement les frais liés aux coûts de mes participations à des conférences. »

Un courrier d’avril 1992, envoyé par George Leslie à Covington & Burling, indique toutefois que M. Descotes a facturé des honoraires pour sa présence à une conférence à Athènes (Grèce) en 1992, sans toutefois en préciser le montant. Pour ce même événement, André Rico et Alain Viala ont réclamé 4 000 francs français (830 euros courants) par jour, comme le montrent les factures qu’ils ont établies à l’intention de George Leslie… Toutes ces réunions scientifiques sur la qualité de l’air intérieur sont co-organisées par l’association Indoor Air International (IAI), dont George Leslie est le coordinateur. Les « tobacco documents » l’indiquent sans ambiguïté : tout est financé par l’argent du tabac et mis en musique par George Leslie, sous la supervision de ses maîtres. Ces conférences sont l’un des éléments-clés de la stratégie des cigarettiers pour relativiser les risques liés au tabagisme passif.

« Au début, j’avoue ne pas m’être trop posé la question de la provenance de tout cet argent qui servait à organiser ces conférences, toujours tenues dans des cadres agréables. Je n’ai appris qu’incidemment, par un autre membre du groupe, que l’argent provenait de Philip Morris, poursuit M. Descotes. Au départ j’ai imaginé que l’objectif était de constituer un réseau de taupes dans la communauté scientifique et médicale, des sortes d’agents dormants qui pourraient être « réveillés ». Comme je n’avais pas l’intention d’être jamais « réveillé », cela ne me posait pas de problème. Aujourd’hui encore, je ne comprends pas l’intérêt qu’ils pouvaient avoir dans l’organisation de ces conférences sur l’air intérieur puisque aucun de nous n’était spécialiste du tabac et qu’il n’était presque jamais question de tabagisme passif… »

L’explication est simple. On la trouve notamment dans un mémo de 1990 de Covington & Burling adressé à Philip Morris, présentant une conférence à venir à Lisbonne (Portugal) : « Le centre d’intérêt ne sera pas le tabac, ce sera plutôt demontrer l’insignifiance de la fumée ambiante de la cigarette, en mettant en avant les vrais problèmes de qualité de l’air », écrit Covington & Burling. Après Montréal et Lisbonne, le cabinet se félicite, dans la même note interne, de voir venir d’autres conclaves sur le sujet, organisés ou noyautés par ses « blouses blanches » : Budapest, Hanovre, Milan, Visby, Windsor, Oslo…

Et en France ? En 1995, 1998 puis 2001, Guy Crépat et Roland Frisch (université de Bourgogne) organisent au sein de leur institution de telles conférences sur l’air intérieur. Aux côtés d’Indoor Air International (IAI) apparaissent comme co-organisateurs deux associations scientifiques sans lien avec le tabac : la Société française de toxicologie (SFT) et l’Association pour la prévention de la pollution atmosphérique (APPA).

Mais l’organisation est sous influence. En 1995, près de la moitié des 18 membres du comité technique de la conférence sont des consultants payés ou confortablement défrayés par l’argent du tabac. En 1998, ils sont cinq sur six ; en 2001, ils sont quatre sur quatre.

Résultat ? Là encore, les scientifiques qui y participent parlent de tout ce qui peutpolluer l’air intérieur – « allergènes animaux », « champignons et moisissures », »émanations des moteurs Diesel « , « virus et bactéries », « radon « , etc. – sauf du tabagisme passif.

Au contraire du faux colloque de McGill, ces conférences voient la participation d’une majorité de scientifiques sans lien avec le tabac, venant simplement présenter leurs travaux. Mais en excluant ou en marginalisant le tabagisme passif, les « blouses blanches » de l’IAI – qui deviendra plus tard l’International Society of theBuilt Environment (ISBE) – parviennent à diluer, voire à faire disparaître les risques liés à la fumée de cigarette… Dans un mémo adressé à Philip Morris en 1990, Covington & Burling l’explique sans fard : « Nos consultants ont créé la seule société scientifique au monde qui traite des questions de qualité de l’air intérieur. »

D’où le rôle des cigarettiers dans la construction de l’ensemble d’un domaine de recherche et sa perception par le public, les décideurs… et les médecins eux-mêmes ! « Jusqu’en 2005, de nombreux collègues de l’Académie de médecine, tout à fait honnêtes, me demandaient si j’étais sûr que le tabagisme passif relevait bien de la santé publique et pas plutôt de la politesse », confie le professeur Gérard Dubois (CHU d’Amiens), pionnier français de la lutte contre le tabac.

La société savante en question – l’ISBE, donc – fonde même une revue scientifique, Indoor and Built Environment. Mais là encore, les dés sont pipés. Une étude dirigée par David Garne (université de Sydney, Australie) parue en 2005 dans The Lancet a montré qu’Indoor and Built Environment publiait une large part de travaux menés par des consultants du tabac aux conclusions favorables à l’industrie. La revue valorise aussi les « blouses blanches » qui ne parviennent pas àpublier dans d’autres revues scientifiques. Selon la base de données Scopus, Guy Crépat a publié cinq articles dans toute sa carrière, dont quatre dans Indoor and Built Environment. Son compère Roland Fritsch en a un total de quatre à son actif, dont trois dans la fameuse revue…

Contrôle sur le contenu de conférences, contrôle sur une revue savante : l’industrie du tabac a donc eu entre ses mains d’utiles ficelles. Mais ce n’est pas tout. En juin 1990, la panique s’empare des cigarettiers : l’Agence américaine de protection de l’environnement (EPA) vient de conclure que la fumée de cigarette est un cancérogène avéré et que 3 800 Américains meurent chaque année du tabagisme passif. Ces conclusions – provisoires – sont ouvertes aux commentaires. L’industrie active ses troupes. Comme d’autres, Guy Crépat etJohn Faccini se muent en lobbyistes internationaux et, sans déclarer leurs liens financiers avec les cigarettiers, soumettent chacun un commentaire très critique envers la méthodologie de l’EPA. Dans sa contribution, Guy Crépat critique les statistiques utilisées par l’agence américaine, bien que n’ayant lui-même jamais publié de travaux de biostatistiques… A l’appui de son argumentaire, il cite également, en annexe, une publication d’Alain Viala, autre « blouse blanche » française de l’industrie… De son côté, John Faccini adresse en guise de commentaire à l’EPA la version anglophone de l’un de ses articles, écrit à la demande des industriels.

Après le lobbying transatlantique, place à l’entrisme local. Certains consultants s’immiscent dans l’APPA – qui, elle, n’a aucun lien avec les cigarettiers. Cette association de médecins et de scientifiques est un interlocuteur-clé des pouvoirs publics sur les questions de qualité de l’air. Au début des années 1990, Alain Viala devient président de son comité régional PACA-Marseille. Choquée, l’actuelle direction de l’APPA dit n’avoir jamais été informée d’un tel conflit d’intérêts, mais précise que l’association s’est séparée de M. Viala voilà plusieurs années, à la suite de la découverte d’autres malversations qui se sont soldées devant la justice…

Son implication dans l’APPA et son titre de professeur donnent à M. Viala toute légitimité à s’exprimer dans la presse. Le Parisien le cite le 18 octobre 1991 : il y déclare que « les risques de cancer [dû au tabagisme passif] ne sont pas certains ». A l’Agence France Presse (AFP), il assure à la même époque qu’il n’y a pas de »démonstration convaincante que l’exposition à la fumée ambiante du tabac augmente les risques de cancer chez les non-fumeurs ». Le professeur de médecine Stanton Glantz, spécialiste des stratégies des majors de la cigarette, y voit « la rhétorique classique de l’industrie » et note que les termes employés par M. Viala, « fumée ambiante du tabac », sont une expression inventée par les cigarettiers.

En France, fumer dans les lieux publics a été interdit en 2007, vingt et un ans après que les autorités sanitaires fédérales américaines ont reconnu le lien entre plusieurs maladies et le tabagisme passif. Quel est le bilan de celui-ci, en France, lors de ces deux décennies? Dans un récent Bulletin épidémiologique hebdomadaire, l’épidémiologiste Catherine Hill (Institut Gustave-Roussy) estime qu’en 2002 environ 1 100 non-fumeurs en sont morts. C’est l’une des estimations les plus basses, d’autres donnent le triple. Supposons – hypothèse basse – que l’exposition hors domicile soit responsable de la moitié du bilan : entre 1986 et 2007, le doute savamment entretenu par l’industrie serait alors responsable de quelque 10 000 morts. Et sans doute bien plus.


Le 2e et dernier épisode de ce dossier sera à lire dans « Science & techno » du 2 juin.

Stéphane Foucart et David Leloup

Plongée dans les « tobacco documents »

Pour la Journée mondiale contre le tabac, jeudi 31 mai, Le Monde s’est plongé dans les « tobacco documents », à la recherche des liens entretenus par certains chercheurs français avec l’industrie américaine du tabac. Ces documents secrets ont été versés dans le domaine public à partir de 1998, après les poursuites de 46 Etats américains contre les majors de la cigarette. Quelque 13 millions de documents, soit plus de 79 millions de pages, ont, depuis, été numérisés et sont accessibles sur un site hébergé par l’université de Californie à San Francisco, grâce à des fonds de l’American Legacy Foundation – laquelle bénéficie, par décision de justice, d’une dotation des cigarettiers pour maintenir et enrichir la Legacy Tobacco Documents Library.

http ://legacy.library.ucsf.edu

SOURCE : http://www.lemonde.fr/sciences/article/2012/05/24/guerre-secrete-du-tabac-la-french-connection_1707058_1650684.html

POUR ALLER PLUS LOIN :

htthttp://www.europe1.fr/France/Des-experts-a-la-botte-des-cigarettiers-US-1101275/

p://www.francesoir.fr/actualite/sante/industrie-du-tabac-des-experts-francais-soudoyes-230801.html

http://www.europe1.fr/France/Des-experts-a-la-botte-des-cigarettiers-US-1101275/

http://sante.lefigaro.fr/actualite/2012/05/25/18252-experts-francais-vendus-lindustrie-tabac

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Pesticides : 2 associations accusent la Commission européenne de laxisme

BIOaddict.fr

Alors que deux études française et britannique viennent de confirmer la nocivité des pesticides sur les abeilles, la Commission européenne est accusée de contourner les règles d’homologation des pesticides…et de jouer le jeu des lobbies.

Les accusations que portent Générations futures et le réseau Pesticide Action Network (PAN) Europe sont graves. Selon un communiqué publié le 3 avril, des firmes phytosanitaires auraient bénéficié jusqu’en 2012 du maintien sur le marché de dizaines de leurs pesticides. Problème : ceux-ci avaient pourtant été « retirés volontairement » en 2007 par les firmes elles-mêmes ! Les motifs de ce retrait auraient été liés à la toxicité de ces produits ou à des « manques importants de données les concernant ». Des pesticides comportant des « lacunes » et dont il était impossible d’évaluer les impacts sur l’homme et l’environnement auraient ainsi été maintenus sur le marché…

Des processus d’homologations tronqués

Selon les deux associations, la Commission européenne aurait mis au point une procédure permettant de maintenir certains produits sur le marché, appelée  » Re-soumission « . « Cette invention est formalisée par le Règlement 33/2008. Elle accorde une seconde chance d’homologation à l’industrie pour des pesticides comportant pourtant des lacunes dans les données transmises ou présentant des dangers avérés et qui auraient dû être retirés » peut-on lire dans le communiqué.

Les bénéficiaires de cette procédure seraient les groupes chimiques dont le dossier d’homologation aurait été refusé une premières fois. A la simple condition du  » retrait volontaire  » de leur pesticide du marché, l’Union européenne accorderait une deuxième chance aux groupes industriels qui pourraient représenter « un mini-dossier » et bénéficier d’une « généreuse période de plusieurs années de libre accès au marché ». En clair, ces produits demeurent sur le marché, « le temps d’évaluer leur dossier ».

Quid des études toxicologiques ?

Cette possibilité de re-soumission « expose les personnes et l’environnement à des risques inconnus, alors qu’une directive de 1991 rend obligatoires des études de toxicité au préalable » s’inquiète Générations futures.

PAN Europe et Générations futures ont passé en revue les autorisations accordées à dix des molécules soumises à cette sombre procédure. Pour les associations, non seulement les règles dictées par la Commission européenne sont laxistes mais en plus, elles ne respectent pas les études toxicologiques d’usage.

Si ces accusations sont avérées, cela signifierait une nouvelle fois que le principe de précaution est négligé, au profit des grands groupes de la chimie.

Olivia Montero

SOURCE : http://www.bioaddict.fr/article/pesticides-2-associations-accusent-la-commission-europeenne-de-laxisme-a3017p1.html

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Affaire des fadettes : comment les opérateurs mobiles deviennent des indics

   par Emilien Ercolani, le 05 décembre 2011 16:11

L’affaire Bettencourt a le mérite de nous apprendre comment les opérateurs (Bouygues, Orange et SFR) réagissent lorsqu’ils sont saisis par la police pour récupérer des « fadettes », qui sont des numéros de téléphones, des positions géographiques, des SMS/MMS, des comptes bancaires : négligemment. 

Vous pensiez avoir tout vu ? Détrompez-vous ! Nos opérateurs peuvent encore nous surprendre ! L’affaire Bettencourt est un terrain de jeu incroyable pour savoir qui fait quoi, comment, avec quels moyens. Premier visés : les opérateurs, auxquels la police peut demander des « fadettes », ces fameuses factures détaillées qui jouent des rôles cruciaux dans des enquêtes de grande ampleur comme celle susmentionnée. 

Concédons d’emblée que les opérateurs n’ont pas le moyen de s’opposer aux services de police lorsque ces derniers demandent des fadettes. Mais la manière dont ils le font est assez éloquente, si ce n’est scandaleuse. C’est Le Monde, sur son site, qui nous explique comment a abouti l’enquête de l’IGS (Inspection Générale des Services), dont le but était de trouver les sources des deux journalistes (Gérard Davet et Jacques Follorou), auteurs d’articles sur l’affaire Bettencourt. 

« C’est un plaisir de travailler avec Bouygues »

L’enquête a commencé de manière banale pour le commandant Nieto, avec une recherche sur Google, ce qui lui permet de trouver les dates de naissance des deux journalistes. Mais trouver un numéro de mobile est plus complexe : il faut passer par les opérateurs, et les «réquisitions sont toujours un peu fastidieuses », note le quotidien. Quoi qu’il en soit, la demande part chez les 3 opérateurs nationaux : seul SFR répond par l’affirmative, et fournit le numéro de Gérard Davet. Une simple demande de la liste des appels reçus et émis du 23 juillet 2010 au 1er septembre inclus, et la réponse arrive par mail trois jours plus tard : 1 450 appels pour le mois d’août, dont 1 000 SMS. Tout est classé dans « 42 feuillets de tableaux à 9 colonnes, qui recensent les appels, les SMS ou MMS envoyés ou reçus, le numéro de téléphone du suspect, celui de son correspondant, éventuellement celui d’un troisième interlocuteur, la date, l’heure, la durée de la communication, la cellule (la borne téléphonique utilisée) et le numéro IMEI du téléphone, c’est-à-dire l’International Mobile Equipment Identity, le numéro unique de chaque portable – pour connaître le sien, il suffit de taper sur son clavier *#06# ». 

Grâce à cela, la police sait tout, et notamment les lieux de chaque communication pour retracer ses déplacements. Là commence une nouvelle investigation pour identifier les titulaires des lignes correspondantes : « C’est un plaisir de travailler avec Bouygues : non seulement l’opérateur donne le nom et l’adresse du titulaire de la ligne, mais aussi sa date de naissance et son numéro de compte bancaire ». Mais à force de persistance, la police touche (presque) au but, avant de s’apercevoir (via Facebook notamment) que finalement, ce n’est pas le numéro de mobile de Gérard Davet, mais celui… de sa fille de 14 ans. 

Le numéro de Gérard Davet est finalement retrouvé, chez Orange cette fois-ci, « qui envoie 30 pages de listings, soit 116 numéros appelants ou appelés, d’un peu tous les opérateurs ». Après vérification des correspondants, « Il y a un peu de tout. Des avocats célèbres – dont Me Kiejman, à l’origine de la procédure – nombre de journalistes, des magistrats, des policiers de haut rang, le cabinet du ministre de l’intérieur et la présidence de la République ». 

Le fichier STIC révèle le bon numéro

Pendant ce temps, le commandant Nieto n’a toujours pas le numéro de Jacques Follorou, le second journaliste, alors il tape dans le tas et demande l’identification de 4 numéros attribués au Monde. L’un des numéros serait celui du journaliste, mais l’IGS se rend compte que ce n’est pas le bon, nouvel épisode, mais celui de la chef du service politique du Monde, Raphaëlle Bacqué. En fin de compte, c’est via le fichier STIC (le système de traitement des infractions constatées) que la police découvre le bon numéro. 

Rebelote : Orange fournit les fadettes, 82 copieuses pages de listing dans lesquelles on trouve « Beaucoup de sources du journaliste sont là, des avocats, des magistrats, le secrétariat général du gouvernement, des ambassades, Médecins sans frontières, des journalistes, des amis, ses enfants, le ministère de l’intérieur… ». Le 30 septembre 2010, Marie-Christine Daubigney, la procureur-adjointe, va plus loin et demande cette fois-ci le contenu des SMS échangés entre Jacques Follorou et la présidente de la 15e chambre du tribunal de Nanterre, Isabelle Prévost-Desprez, l’ennemie jurée du procureur Courroye.

Heureusement, cette dernière demande n’aboutira pas puisque c’est « techniquement impossible », indique Orange. L’enquête est close. 

Cette affaire montre bien que les informations fournies par des victimes dans leur déposition alimentent le fichier STIC et pourront être utilisées à leur insu dans de toutes autres affaires. Elle doit inciter à la plus grande prudence des usagers de mobiles quant à la communication de leur numéro de téléphone à des tiers ou, pire encore, à leur insertion dans des pages Web. Car c’est par ce précieux sésame que les enquêteurs pourront à peu près tout savoir sur le propriétaire du mobile avec la complicité active voire le zèle des opérateurs.

SOURCE : http://www.linformaticien.com/actualites/id/22486/affaire-des-fadettes-comment-les-operateurs-mobiles-deviennent-des-indics.aspx

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Téléphonie mobile : L’OMS exclut l’un de ses experts pour cause de conflit d’intérêt

      23 mai 2011 – par Priartem et Agir pour l’Environnement

Communiqué de presse

Le 20 mai, grâce au travail opiniâtre d’une journaliste suédoise et de notre déléguée régionale pour l’Alsace, nous nous révélions l’existence d’un conflit d’intérêt caractérisé concernant l’un des membres les plus éminents du comité d’experts du CIRC. Aujourd’hui, son exclusion vient d’être annoncée.

Le CIRC, laboratoire de recherche de l’OMS, installé à Lyon, a décidé, ce matin d’exclure Anders Albhom de son comité d’experts chargé d’une évaluation des risques de cancérogénicité pour l’homme des radiofréquences de la téléphonie mobile alors même qu’ une importante session de travail de ce groupe doit se tenir, à Lyon du 24 au 31 mai.

Pourquoi cette exclusion ? Parce qu’un conflit d’intérêt majeur concernant ce scientifique allait être révélé à la presse par nos associations, en France, par d’autres associations nationales dans d’autres pays, grâce au travail d’investigation d’une journaliste suédoise.

Celle-ci a fourni à Priartem des documents attestant une implication directe de celui qui était jusqu’à ce matin Président du groupe d’experts « épidémiologie » du CIRC, dans une activité de conseil auprès des entreprises de télécommunications.

Celui-ci, le professeur Anders Ahlbom, du prestigieux Institut Karolinska, Suède, bien connu des associations tant nationales qu’internationales pour ses positions de soutien sans nuance aux thèses des opérateurs, créait, au moment même où il remplissait une déclaration publique d’intérêt vierge de tout lien commercial avec les opérateurs, une société de conseil dont l’objet se définit comme suit dans le document administratif officiel de création : « La société mènera une activité de consultation dans les domaines suivants : affaires européennes, en particulier réglementation, spécifiquement dans les télécommunications, l’informatique, la réglementation environnementale et de l’énergie ainsi que dans les techniques médicales. »

Cette situation est totalement contraire aux règles exprimées par le CIRC, il y a quelques mois, pour motiver l’exclusion d’un scientifique allemand, Alexandre Lerchl : « une monographie du CIRC est un travail d’expertise qui requiert une complète indépendance vis à vis de tout intérêt commercial aussi bien que de toute posture partisane qui pourrait être perçue comme une position a priori « (lettre de Robert Baan et Vincent Cogliano, responsables respectivement de ce programme au CIRC et de la section « monographies » du CIRC)

Les associations Priartem et Agir pour l’environnement se félicitent de cette décision qui montre une volonté de l’OMS, après des scandales qui ont affaibli ses avis, de mettre en oeuvre des procédures d’expertise plus vertueuses et du même coup moins contestables.

Elles constatent, cependant, à la lecture de la composition de ce groupe d’experts, que, même si on note un effort d’ouverture et de pluralisme nouveau et louable, une fois de plus apparaissent les mêmes personnes qui, toutes férocement attachées à la thèse du déni de risque, comme l’était le Professeur Ahlbom, empêchent, par leur présence systématique au sein des différents groupes nationaux ou internationaux, le débat contradictoire de se réaliser. D’ailleurs, dans ce groupe d’experts figurent des personnalités françaises mises en cause pour leurs positions partisanes.

Elles soulignent qu’il est plus urgent que jamais que l’Organisation publie systématiquement toutes les déclarations d’intérêt et veille tout particulièrement à assurer le renouvellement des experts et la pluralité des approches.

Elles rappellent que Priartem est partie prenante de l’appel qui vient d’être lancé par la Fédération internationale des ONG spécialisées sur la question des radiofréquences et de la santé (IEMFA) pour une publication urgente de la seconde partie des résultats d’Interphone qui portent sur les neurinomes de l’acoustique et les tumeurs de la glande parotide et pour une présence des ONG comme observateurs du travail d’expertise.

Source : http://www.priartem.fr/Telephonie-mobile-L-OMS-exclut-l.html


« OMS-CIRC » (suite)
25 mai 2011 – par Priartem – Thème : La gestion des risques
Suite à la récusation du Professeur Anders Albhom, Président du groupe d’experts « épidémiologie », des éléments touchant aux déclarations d’intérêts de certains de scientifiques qui participent à l’importante évaluation des risques de cancer associés aux radiofréquences ont été mis en ligne sur le site du CIRC. Notre association se félicite de cet effort de transparence qui peut contribuer à renforcer la confiance des citoyens dans les avis de l’Agence.
Suite à ces publications, Janine Le Calvez, Présidente de Priartem, écrit à Monsieur Robert Baan, en charge de cette opération pour le CIRC pour lui demander des précisions concernant les éléments qui concernent René De Sèze. »

  

Paris le 24 Mai 2011

Monsieur Robert Baan

Responsable du programme 102

Section « monographies » du CIRC

Monsieur le Directeur,

Vous avez publié sur le site du CIRC, suite à la récusation du Professeur Anders Albhom, Président du groupe d’experts « épidémiologie », des éléments touchant aux déclarations d’intérêts de certains de scientifiques qui participent à l’importante évaluation des risques de cancer associés aux radiofréquences. Et nous tenons à vous remercier de cet effort de transparence qui peut contribuer à renforcer la confiance des citoyens dans les avis de l’Agence.

Les éléments intéressant un scientifique français, René De Sèze, ont attiré tout particulièrement notre attention, d’autant que celui-ci a, depuis de nombreuses années déjà, la réputation de tenir une position fermée, pour ne pas dire militante, de déni de risque et que les représentants associatifs ont souvent eu l’occasion de s’y trouver confrontés lors de débats publics comme ils ont eu l’occasion de critiquer sa présence quasi systématique dans les instances d’évaluation et d’expertise.

Il apparaît, dans les éléments que vous avez publiés que René De Sèze a, en 2009, préparé un rapport, dans le cadre d’une procédure judiciaire, à la demande de l’avocat d’un plaignant. La nature de ce plaignant n’est évidemment pas neutre quant à la question de son indépendance. Pour plus de transparence et pour éviter quelque procès d’intention que ce soit, nous vous serions donc reconnaissants de nous préciser dans quel cadre et pour quel type de plaignant, est intervenu René De Sèze.

Dans l’attente de votre réponse, je vous prie de croire, Monsieur le Directeur, à l’assurance de ma plus parfaite considération.

Janine Le Calvez, Présidente de Priartem (ONG)

Source : http://www.priartem.fr/OMS-CIRC-suite.html

 


Commentaire : On peut penser que le CIRC?QUE a de beaux jours devant lui.

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Corruption au Parlement Européen !

« Les Grosses Têtes » s’amusent du récent scandale de corruption de trois députés
européens. L’affaire permet de connaître le prix d’un eurodéputé (de 50 000 à 100
000 € selon qu’il est petit ou gros) (RTL)
Trois députés européens sont accusés de corruption : ils sont tombés dans le piège de
journalistes du Sunday Times, en acceptant de déposer des amendements favorable
au secteur bancaire en échange de pots de vins. Deux d’entre eux ont démissionné, le
dernier se cramponne à son mandat. Reportage dans « La faute à Bruxelles » (BFM
TV, avec les témoignages de Martin Schultz, Ingebord Grässle et Isabelle Durant ;
cette dernière, également invitée du Rendez-vous des politiques de France Culture,
appelle à séparer lobbying et corruption, et espère que le scandale relancera le débat
sur l’inscription obligatoire au registre des lobbies. Les images de l’affaire de
corruption concernant trois députés du Parlement Européen font le tour du net. Le
scandale éclabousse le Parlement européen, connu pour l’absence de règles strictes
concernant les lobbyistes, ce qui suscite de vrais risques de conflits d’intérêts. (RFI
actualités France Inter)

Source :http://www.europarl.fr/ressource/static/files/PDF/rp_28032011.pdf

 

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EUROPE – Echec de la tentative de réglementation des nanotechnologies dans l’alimentation

Sciences et Démocratie

European Commission

Pour que le développement des nanotechnologies soit assorti d’une évaluation des risques et d’une information suffisantes, la réglementation européenne doit évoluer. De nombreux domaines sont concernés : produits chimiques, cosmétiques, médecine… C’est un chantier long et complexe, initié il y a plusieurs années maintenant. Et concernant les nanotechnologies dans l’alimentation, il faudra encore attendre.
[Ce texte a été publié initialement sur le site EnjeuxNanos.fr le 1er avril 2011, sous licence CC by-sa.]
Un vide juridique que le Parlement européen souhaitait combler

Il n’existe jusqu’à présent aucune réglementation sur les nanos dans les aliments et les emballages alimentaires, mais des progrès étaient attendus au niveau européen. En juillet dernier, les députés européens avaient demandé que les aliments incorporant des nanomatériaux ou ayant été produits via des procédés utilisant des nanotechnologies fassent l’objet de tests spécifiques d’innocuité avant leur commercialisation, afin de prévenir les risques éventuels. Le Parlement européen avait également demandé que chaque nanomatériau incorporé dans l’aliment soit mentionné sur l’étiquetage1.
Ces demandes avaient été intégrées sous forme d’amendements à la proposition de nouveau Réglement sur les « Nouveaux Aliments » (Novel Foods), qui devait remplacer celui de 1997 : cette proposition traitait également d’autres aspects liés à l’alimentation, mais vient d’être enterrée à cause d’un désaccord entre institutions européennes sur la question de la viande clonée.
La réglementation des nanos dans l’alimentation sacrifiée sur l’autel du clonage

Lors de l’examen du texte, ce sont en effet sur les aliments issus d’animaux clonés et de leurs descendants que s’est concentrée la polémique entre la Commission et le Conseil d’un côté et le Parlement de l’autre ; de fait le sujet « nano » a été à peine évoqué lors de la procédure de conciliation entre les trois instances.
Mardi 29 mars, dernier jour de la procédure, malgré de longues tractations, les parties ne sont pas parvenues à se mettre d’accord, aboutissant à un blocage de l’ensemble du texte. Conséquence de cette absence de compromis sur la viande clonée : aucune législation européenne sur les nanos dans l’alimentation ne devrait voir le jour dans les prochains mois, voire les prochaines années.
Déception des députés européens et des associations de protection de l’environnement

Le Président de la délégation du Parlement européen Gianni Pittella et le rapporteur du Parlement européen sur les nouveaux aliments Kartika Liotard regrettent que la mise en place de « mesures particulières concernant les nanomatériaux dans les aliments » soit ainsi rendue impossible.2.
Le Bureau européen de l’environnement (BEE) – qui fédère plus de 140 ONG dans 31 pays et milite pour un encadrement des nanos – déplore lui aussi que trois ans de discussions et travaux autour du réglement Novel Foods se soldent par un tel échec alors que des études ont mis en évidence des risques potentiels. Le BEE réclame instamment un moratoire tant que les procédures de test rigoureuses n’auront pas été définies3.
Et maintenant ?

Le règlement actuel sur les Nouveaux Aliments adopté en 1997 reste en vigueur. Au niveau européen, l’industrie agro-alimentaire peut donc continuer à utiliser des nanomatériaux dans l’alimentation sans en informer les consommateurs ni réaliser de tests pour en évaluer les risques.
En savoir plus

ACEN, Les applications nanos dans le domaine de l’alimentation et Quels risques des nanos utilisées dans l’alimentation pour notre santé ?, 2010
CNDP, Synthèse du débat public de Rennes sur les Nanotechnologies et l’Alimentation, 2010
Chambre des Lords (Royaume-Uni), Science and Technology Committee – Nanotechnologies and Food, chap. 3, janvier 2010
Afssa, Les nanoparticules dans l’alimentation humaine et animale, mars 2009
Résumé de l’étude de TA-SWISS «Les nanotechnologies dans l’alimentation», Le repas est servi ! La nanotechnologie à la cuisine et dans le panier d’achats, 2009
Institute of Medicine (USA) Food Forum, Application of Nanotechnology to Food Products, 2009
Les Amis de la Terre, Out of the laboratory and on to our plates: Nanotechnology in food and agriculture, 2008
Helmut Kaiser Consultancy, Nano Food 2040 – Nanotechnology in Food, Foodprocessing , Agriculture, Packaging and Consumption : State of Science,Technologies, Markets, Applications and Developments to 2015 and 2040
Nanoforum, Nanotechnologies et alimentation : Etat des lieux et incertitudes, 2008
ETC Group, La ferme atomisée – l’impact des nanotechnologies sur l’agriculture et l’alimentation, novembre 2004.
Nanotechnology Citizen Engagement Organization, Nanofood, Liste d’articles de presse anglophones les nanos dans l’alimentation
Résolution législative du Parlement européen relative à la position du Conseil en première lecture en vue de l’adoption du règlement du Parlement européen et du Conseil concernant les nouveaux aliments, 7 juillet 2010
Nouveaux aliments : les discussions échouent face au refus du Conseil d’étiqueter les produits dérivés du clonage, Communiqué de presse du Parlement européen, 29 mars 2011
Will nanofoods sneak onto our plates?, Communiqué de presse du Bureau Européen de l’Environnement, 27-29 mars 2011

SOURCE : http://www.sciences-et-democratie.net/blog/2011/04/03/europe-echec-de-la-tentative-de-reglementation-des-nanotechnologies-dans-lalimentati

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Médicaments : la liste noire

LA-D-p-che-copie-1.png   Publié le 20/01/2011 10:15 – Modifié le 20/01/2011 à 10:27 | Jean-Pierre Bédéï, Jérôme Schrepf et S. B

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L’Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé (Afssaps) a publié sur sson site une liste de 59 médicaments sous surveillance./ Photo DDM

Après le scandale du Mediator, 59 produits dans le collimateur et un projet de loi sur la réforme de la pharmacovigilance devrait être présenté avant la fin de l’année. Le gouvernement veut accélérer l’indemnisation des victimes.

Le député UMP Bernard Debré a tiré la sonnette d’alarme à l’Élysée. « L’affaire du Mediator, ça va être explosif ! » a-t-il dit à Nicolas Sarkozy. Aujourd’hui, lors de ses vœux au personnel médical, le Président devrait évoquer le sujet. Le scandale du Mediator pose une double question de confiance. D’abord envers les médicaments. Ensuite envers les pouvoirs publics chargés de mettre en place et de contrôler le système de sécurité sanitaire. Dans ce dernier domaine, tout semble à reconstruire tant le rapport de l’Inspection générale des affaires sociales (IGAS) s’avère accablant.

Selon le ministre de la santé, Xavier Bertrand, un projet de loi sur la réforme de la pharmacovigilance devrait être présenté « avant la fin de l’année ». Il devrait tenir compte du travail de la mission parlementaire qui vient d’être mis en place et du deuxième rapport de l’IGAS. La réforme devrait concerner notamment l’étanchéité des relations entre l’Agence de sécurité sanitaire des produits de santé (Afssaps) et l’industrie pharmaceutique, les déclarations d’intérêt, l’autorisation de mise sur le marché (AMM) et le système de remboursement des médicaments… En attendant, afin de limiter les risques, l’Afssaps devra remettre « avant fin janvier » un bilan des 76 médicaments qui font actuellement l’objet d’une procédure de suivi.

Hier, Xavier Bertrand a évoqué l’indemnisation des victimes du Mediator. La solidarité nationale ne doit pas « payer à la place du responsable », a-t-il déclaré, soulignant que « c’est le responsable qui devra assumer ».

Le ministre a proposé mardi aux associations de patients « l’utilisation d’un fonds existant, géré par exemple par l’Office national d’indemnisation des accidents médicaux et des affections iatrogènes, qui permettrait d’accélérer, d’anticiper l’indemnisation ». Et d’ajouter : « Cette indemnisation ne doit pas empêcher l’action judiciaire. »

Pour Martine Aubry, les propositions de Xavier Bertrand « vont dans le bons sens » mais sont insuffisantes. « Je pense qu’il ne va pas assez loin sur les conflits d’intérêts », juge-t-elle. Selon elle, il faut « interdire que des hommes et des femmes qui ont travaillé pour un laboratoire puissent travailler dans le ministère ou devenir membres d’un cabinet ou, encore pire, ministre ». Quant au laboratoire Servier, fabricant du Mediator, il est mis au ban du milieu médical. Le président des Entreprises du médicament (Leem) l’invite à démissionner des postes qu’il occupe au sein du syndicat patronal.

Le député PS Jean-Marie Le Guen a réclamé la suspension de son représentant au conseil de surveillance de l’Assistance publique-Hôpitaux de Paris, jugeant que cette présence « pose aujourd’hui un problème de conflit d’intérêts ».

Jean-Pierre Bédéï

www.afssaps.fr/


reportage

Pharmacie : « Les patients nous font confiance »

Quand on prononce dans la même phrase les mots « inquiétude » et « médicaments », Corinne Trémon, pharmacienne à Agen et présidente du syndicat des pharmaciens de Lot-et-Garonne, tord un peu le nez. « Ici on ne ressent pas d’inquiétude de nos patients vis-à-vis des médicaments », assure-t-elle sans hésitation.

« Tout simplement parce qu’ils nous font confiance, tout comme ils ont confiance en leur médecin. Il faut dire aussi, qu’exceptés quelques scandales type Mediator, le système français est quand même très encadré, très sécurisé. » Elle passe en arrière-boutique et ouvre un classeur : « Dès qu’il y a un problème sur un médicament, on reçoit un avis. Que le médicament ne soit plus commercialisé ou qu’il s’agisse simplement d’un lot défectueux, on est informé et on retire les boîtes immédiatement. Le cas échéant on peut même rappeler nos clients pour leur demander de les ramener, mais c’est rarissime. »

Pour Corinne Trémon, une des raisons de cette confiance que ses clients lui accordent c’est « la vente encadrée » : « En France, les médicaments sont délivrés en pharmacie par quelqu’un qui a fait des études, qui connaît son métier et les produits qu’il vend. Il n’y a pas chez nous de vente sur internet ou en grande surface. »

Et si le pharmacien assure ne pas percevoir d’inquiétude, elle reconnaît tout de même une demande d’information accrue : « Certains s’informent, via internet c’est très facile, des effets secondaires des médicaments. Ensuite ils nous questionnent. Comme on nous questionne encore régulièrement, même si c’est passé désormais dans les mœurs, sur les génériques : « Est-ce que vous êtes sûrs que c’est le même médicament ? ». Alors on explique que oui, la molécule est la même. »

Précision importante apportée par la présidente du syndicat des pharmaciens, « nous n’avons pas le droit de modifier les prescriptions des médecins. Ce sont eux qui prescrivent les médicaments… »

Michel, 60 ans, client de la pharmacie, sourit : « Des inquiétudes par rapport aux médicaments ? Je vais vous dire, ça me fatigue. On vit dans une société où on n’accepte plus le risque où tout est interdit. Si certains savaient que le Mediator était mauvais pour la santé et qu’on l’a laissé en circulation, évidemment, il faut les poursuivre. Mais soyons sérieux. Ceux qui font l’objet d’un lobbying de la part des laboratoires, ce ne sont pas les pharmaciens. Ce sont les médecins. »

Jérôme Schrepf


Le chiffre : 76

médicaments> font l’objet d’une procédure de suivi. Un bilan de ces produits devra être réalisé avant la fin du mois.


La phrase

« L’indemnisation ne doit pas empêcher l’action judiciaire». Xavier Bertrand, ministre de la Santé


Expert : Catherine Lemorton députée PS de Haute-Garonne

« Un système inimaginable »

Si on avait suivi les préconisations de votre rapport parlementaire de 2008 sur la prescription des médicaments, le Médiator aurait-il dû être retiré ?

Oui. Il aurait dû être retiré à la fin de l’année 2008.

Qu’avez-vous découvert lors de votre mission parlementaire ?

J’ai appris que 90 % des consultations médicales sont suivies de prescriptions de médicaments, ce qui est le plus fort taux en Europe. Au fur et à mesure des auditions que j’ai faites du milieu médical, j’ai découvert des choses inimaginables, notamment un système où l’industrie pharmaceutique est à tous les niveaux de décision.

J’ai trouvé des conflits d’intérêts dans la Haute autorité de santé, à l’Agence du médicament, parmi les conseillers de Madame Bachelot qui était ministre, sans qu’ils soient déclarés. L’industrie pharmaceutique est également dans les couloirs des hôpitaux pour la formation de nos médecins. Elle finance les concours blancs des étudiants, le matériel de certains professeurs de CHU après le désengagement de l’État.

Comment a été accueilli votre rapport à l’Assemblée ?

Il est voté à l’unanimité en Commission des Affaires sociales à l’Assemblée, mais aucune de mes 92 préconisations ne sera ensuite reprise alors que j’en avais proposé quelques-unes dans le cadre du projet de loi de Finances de la Sécurité sociale en octobre 2008.

Pourtant certaines d’entre elles sont d’une brûlante actualité aujourd’hui : déclaration publique des conflits d’intérêts de tout expert qui s’explique publiquement sur la santé, comparaison de tout nouveau médicament avant sa sortie avec un médicament déjà existant pour la même maladie et qui a fait ses preuves; et là, on est au cœur du Médiator. Des députés de droite m’ont répondu à l’époque que trop de transparence crée le soupçon, et que ça déséquilibrerait tout le système…

Recueilli par Jean-Pierre Bédéi


« Des patients plus méfiants »

Comment un médecin généraliste peut-il protéger ses patients de médicaments qui s’avéreront plus tard dangereux ? Le Dr Bernard Ordono, président du syndicat MG France dans la Haute-Garonne, ne prétend pas détenir la formule.

« À ma connaissance, mes patients n’ont jamais eu de problèmes avec les médicaments que j’ai prescrits. Avec la formation médicale continue professionnelle, indépendante des laboratoires pharmaceutiques, on apprend à avoir une lecture critique de la pharmacopée. Et puis je ne prescris quasiment jamais un médicament qui vient de sortir. J’attends », explique-t-il.

Plusieurs exemples ont fait que le praticien n’avale pas facilement la pilule que lui présentent les visiteurs médicaux. « Le Celebrex, ou le Viox, des antiinflammatoires, ont été retirés du marché quelques années après leur autorisation », poursuit le Dr Ordono.

Il dit faire « partie des médecins à qui « le Médiator n’a jamais plu. C’est un dérivé amphétaminique, mais il n’a jamais été présenté comme tel. La réalité pharmacologique d’un médicament n’est pas toujours totalement éclairée par les laboratoires pharmaceutiques. Et c’est comme cela que l’on piège les médecins ».

Depuis le scandale, le Dr Ordono a reçu une patiente qui avait été traitée plusieurs mois avec le Médiator. Bien qu’elle aille bien cliniquement, il lui a prescrit une échocardiographie de contrôle.

Les patients deviennent méfiants.

S. B.

Source :  http://www.ladepeche.fr/article/2011/01/20/993816-Medicaments-la-liste-noire.html

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L’industrie pharmaceutique gagne encore : interdiction des plantes médicinales par l’EU

L’Herbi MaG’  Publié le  30 décembre 2010

La médecine naturelle va laisser sa place à ces médicaments chimiques...

C’est devenu une habitude, mais ça n’en reste pas moins hallucinant. Les Lobbies de l’industrie pharmaceutique, qui brassent des sommes d’argent titanesque, vient d’arriver à ses fins pour éloigner ses concurrents…A compter du 1er avril 2011, la vente de tous les produits à base de plantes médicinales sera interdite sur le territoire de l’Union européenne…
L’Union Européenne vient en effet d’accepter les pressions imposées par l’industrie agro-alimentaire et pharmaceutique… Dans le soucis de faire le maximum d’argent, ces derniers ont décidé de se débarrasser de tous ces produits alternatifs que sont les plantes médicinales ou la phytothérapie.

Désormais, chaque produit naturel ou chaque plante médicinale mise sur le marché devront subir les mêmes tests et les mêmes protocoles que les médicaments chimiques. Une charge que beaucoup ne pourront pas suivre, effaçant ainsi de la liste des concurrents les petits fournisseurs et autres herboristes qui n’avaient que la prétention de proposer ce que la nature fait de mieux pour nous guérir.

L’entreprise doit désormais prouver, pour obtenir l’autorisation de mise en vente, la preuve que son produit a été utilisé depuis au moins 30 ans en toute sécurité et avec efficacité, dont 15 ans dans l’Union européenne. De quoi en dégouter plus d’un, et de quoi éloigner sinon voir disparaitre les produits d’origine étrangère. De plus, le coût de ces tests est loin d’égaler le chiffre d’affaire annuelle d’une entreprise modeste… par produit…

Ce que certains appellent « la mafia pharmaceutique » vient donc de gagner une nouvelle bataille, et décide ainsi quand elle veut de ce qui est bon pour nous, et de la façon dont on doit se soigner.

Il est triste de voir que l’EU est à la botte des entreprises faisant les plus gros bénéfices au monde…

Source : http://www.herbi-mag.com/2010/12/lindustrie-pharmaceutique-gagne-encore-interdiction-des-plantes-medicinales-par-leu/

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"Il y aura d’autres Mediator"

La politique du soin : politique de santé publique ou politique industrielle ?

 

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Le scandale du Mediator, médicament inefficace et dangereux qui aurait coûté la vie à plus de 500 personnes et ruiné celle de milliers d’autres, résume bien les tares d’un système de santé soumis à bien d’autres intérêts que ceux des usagers.

Il y a eu, il y aura d’autres Mediator. Ce n’est pas jouer les Cassandre que l’annoncer, car les conditions qui ont permis ce scandale, et que le Formindep ne cesse de dénoncer, restent réunies. Et certaines ne font que s’accentuer.

A chaque étape de la vie du médicament et des soins en général, l’interférence d’intérêts étrangers à la santé des usagers se fait sentir. Une stratégie de lobbying discrète mais efficace contre laquelle les acteurs de santé semblent étonnamment peu se prémunir.

L’extinction de la recherche publique indépendante

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C’est sur la foi d’études cliniques exclusivement menées et financées par les firmes que s’évaluent aujourd’hui les traitements. Avec tous les biais que l’on peut craindre et que l’on a constatés a posteriori dans l’affaire du Vioxx par exemple : résultats négatifs occultés, pistes de recherche volontairement non explorées.

La recherche publique, à même d’apporter les analyses contradictoires nécessaires au débat et au progrès scientifique, et d’explorer les territoires laissés en friche par l’industrie, assure de moins en moins ce rôle. Et ce n’est pas -seulement- faute de moyens financiers. Le LEEM, lobby de l’industrie, siège désormais au conseil d’administration de l’INSERM, et c’est l’ensemble de la recherche biomédicale publique qui est priée de se mettre au service de l’industrie pharmaceutique, ainsi que le dénonce très clairement le collectif Sauvons la recherche.

Par la grâce des « partenariats public-privé », les firmes licencient aujourd’hui leurs propres chercheurs pour sous-traiter leur recherche à un secteur public paupérisé en quête désespérée de financements.

Une opération très rentable, car l’État subventionne cette sous-traitance à hauteur de 60 %, par un crédit Impôt Recherche majoré, mis en scène lors de grandes messes telles que celle du Conseil Stratégique des Industries de Santé en octobre 2009 à l’Élysée même [1] [2] .

La recherche en matière de santé est ainsi de plus en plus univoque, suivant les orientations de l’industrie : consacrée aux seules pathologies rentables, excluant les options thérapeutiques qui présenteraient un faible retour sur investissement, ignorant les questions gênantes. Le débat scientifique se réduit, le progrès médical s’essouffle.

Le manque d’indépendance des autorités chargées de l’évaluation

Le fait que l’AFSSAPS, agence chargée de délivrer les autorisations de mise sur le marché (AMM) aux médicaments, comme l’agence européenne, l’EMA, soit financée désormais dans sa quasi totalité par les firmes pharmaceutiques est dénoncé par la commission d’enquête du Sénat sur le médicament, comme par la Cour des Comptes, qui use de la litote : « le mode de financement retenu n’est pas de nature à assurer l’indépendance de l’agence ».

L’Agence rétorque que la majeure partie de ces redevances sont des taxes obligatoires. Certes, mais ce qu’omet l’Agence, c’est qu’en revanche rien n’oblige une firme à soumettre sa demande d’AMM à l’AFSSAPS, qui se trouve en concurrence sur ce « marché » avec l’Agence Européenne du Médicament, encore moins indépendante et surtout totalement opaque ; voire avec les Agences d’autres pays de l’Union Européenne, puisque des procédures de reconnaissance mutuelle d’AMM existent. L’Agence subit donc le dumping réglementaire de l’agence la plus conciliante, au risque de voir les demandes d’AMM, et les recettes afférentes, se détourner d’elle. Par ailleurs, la part de prestations de services à l’industrie est en hausse constante dans le budget de l’Agence, portant un autre coup à son indépendance.

Mais l’absence d’indépendance s’exerce encore -et surtout- à un autre niveau, qui constitue le cœur de l’action du Formindep : que penser de comités d’experts dont la plupart sont personnellement rémunérés comme consultants des firmes dont ils doivent juger les produits ? Ces liens sont maintenant pour beaucoup publiés, mais la transparence n’est pas l’indépendance, nous n’avons de cesse de le rappeler. D’autant que les montants de ces rémunérations, qui restent encore cachés, sont loin d’être anecdotiques. Comme l’a révélé l’Inspection Générale des Affaires Sociales il peut s’agir pour un leader d’opinion de 600 000 euros pour un seul contrat de consultant, bien plus que son traitement annuel d’hospitalo-universitaire [3].

Le Formindep est donc de retour devant le Conseil d’Etat pour obtenir que l’absence de respect des règles de gestion des conflits d’intérêts de deux groupes d’experts de la HAS soit sanctionnée par l’annulation des recommandations professionnelles qu’ils ont émises.

Quand bien même les agences de santé parviendraient à mener leurs travaux scientifiques de façon satisfaisante, les pressions qu’elles subissent pour autoriser, maintenir, rembourser ou recommander des médicaments et pratiques souvent sans grand intérêt et parfois dangereux, sont nombreuses. On se souviendra que Xavier Bertrand avait annoncé le remboursement du Gardasil en février 2007 avant même son évaluation par le Comité Technique des Vaccinations. Récemment, le Comité Économique des Produits de Santé (CEPS) a accordé au Multaq® (dronedarone) de Sanofi Aventis un prix 11 fois supérieur à la molécule de référence l’amiodarone, après que la Haute Autorité de Santé a été priée de revoir son évaluation « médiocre ». [4] Dans pas moins d’une évaluation sur quatre, la Commission de transparence de la HAS doit ainsi revenir sur un premier avis jugé trop sévère…

Une pharmacovigilance abandonnée aux firmes

Autorisés, les médicaments sont ensuite lâchés dans la nature. Même dans le cadre de Plans de gestion des risques, qui ne sont trop souvent que des cache-sexe pour des AMM au rabais, les médecins ne sont pas informés correctement des risques du médicament. Ainsi, le Thésaurus des interactions médicamenteuses de l’AFSSAPS, référence légale sur laquelle doivent s’aligner les logiciels de prescription, n’a pas été mis à jour depuis 18 mois. En cas d’effets indésirables observés, les prescripteurs, censés les signaler, ne le font que rarement, y compris dans les cas graves. La sous-notification est importante, notamment en raison des conflits d’intérêts des médecins dont beaucoup craignent de se voir reprocher une mauvaise prescription. On estime communément que moins d’un centième des accidents sont ainsi signalés. Ce n’est que depuis le retrait du Mediator que les valvulopathies apparaissent sur les radars. On ne trouve que ce que l’on cherche, et les agences s’accommodent trop bien de l’absence de données de pharmacovigilance, diligentant peu d’études, et se montrant par ailleurs fort peu curieuses des données que leurs homologues européennes ou américaines mettent à leur disposition.

Ainsi, le Vioxx aurait provoqué 160 000 accidents vasculaires et tué plus de 27 000 personnes aux États-Unis [5]. En France, l’AFSSAPS n’a publié aucune étude pour évaluer les dégâts et suivre les autres médicaments de la même classe des coxibs. Au contraire, elle a depuis mis sur le marché une molécule cousine, l’Arcoxia, que son homologue américaine la FDA a pour sa part rejetée par 20 voix sur 21. Les risques médicamenteux, comme les nuages radioactifs, s’arrêtent aux frontières de l’Hexagone.

De surcroît, les données de pharmacovigilance sont gérées en grande partie par les industriels eux-mêmes, depuis leur collecte chez les médecins jusqu’à leur codage dans les bases européennes. Il s’en est d’ailleurs fallu de peu qu’une directive européenne ne confie à l’industrie le soin d’autoréguler la pharmacovigilance

L’absence de transparence des autorités de santé

Quand les autorités détiennent malgré tout des informations pertinentes, elles en font trop souvent la rétention. Le Formindep a déjà pointé du doigt la conception très particulière de la transparence qu’avait l’Agence Européenne du Médicament, qui méprise ses obligations légales en la matière. Pour mémoire, rappelons ce rapport de pharmacovigilance que l’Agence Européenne du Médicament a remis à la revue Prescrire, pourtant après le retrait de l’Acomplia, autre médicament inefficace et dangereux. L’intégralité de 66 de ses 68 pages, et jusqu’à la date, sans doute trop révélatrice de l’inertie de l’Agence, en avaient été occultées

Une « formation » et une « information » médicales assurées par les firmes

La formation médicale continue et obligatoire des médecins est financée à 98% par les firmes [6]. Elle est assurée par des médecins leaders d’opinion soumis aux firmes, les mêmes qui siègent dans les commissions d’experts des autorités de santé, sont sollicités pour définir les politiques publiques, s’expriment dans les media. La neutralité de l’information dispensée est plus que mise à mal, ainsi que l’analysait récemment une adhérente du Formindep à l’écoute de radioIFM, site de podcast financé par Sanofi-Aventis.

L’éléphant est au milieu du cabinet de votre médecin, et chacun feint de ne pas l’apercevoir. C’est cette aberration qui a conduit à la création du collectif puis de l’association Formindep, pour une formation médicale indépendante.

Outre la formation continue, c’est l’information elle-même qui est en grande partie contrôlée par les firmes. La presse médicale est, à de trop rares exceptions près (Pratiques, et Prescrire dont le Dr Irène Frachon souhaite voir « exploser » le nombre d’abonnés) majoritairement financée par l’industrie, par le biais d’encarts publicitaires, abonnements en masse, tirés à part. Le Syndicat National de la Presse Médicale lui-même s’en félicite : « Le rôle de la presse médicale est ainsi essentiel : principal véhicule de l’effet de source en raison de la place qu’elle accorde aux leaders d’opinion ainsi qu’aux résultats des essais thérapeutiques et des travaux de recherche, elle est également le lien privilégié du soutien de la réputation du produit et de son image de marque par le relais que constitue la publicité. » La ligne éditoriale de cette presse quasi gratuite s’en ressent : lorsque le livre d’Irène Frachon sur le Mediator est paru, le Quotidien du Médecin, titre le plus lu, a fait l’impasse mais a publié une publicité de la firme Servier niant le lien entre son produit et les valvulopathies, alors même que l’EMA venait de le reconnaître officiellement ! Le reste de la presse médicale est resté lui aussi silencieux, pour ne pas incommoder un annonceur et financeur de premier plan.

Les médecins lecteurs de cette presse publicitaire sont tombés de l’armoire en apprenant le retrait du médicament. Prescrire en revanche avait alerté ses lecteurs dès 1997, et dès 2005 exprimé son souhait de voir le produit retiré du marché…

Des patients manipulés et complices

Si le Mediator est soupçonné d’autant de dommages, c’est aussi en raison de prescriptions à des personnes bien portantes, hors AMM. L’idée d’étendre le domaine de prescription des médicaments jusqu’à couvrir tous les aspects normaux de la vie, le disease mongering ou façonnage de maladies, est une tendance lourde, dont les media grand public et les patients se font les complices : médicaments pour perdre du poids, pour être plus performant sexuellement ou intellectuellement, surmonter sa timidité requalifiée « phobie sociale » ou calmer un enfant turbulent requalifié d’ »hyperactif avec déficit de l’attention« , etc.

Selon une étude de l’Organisation Mondiale de la Santé, dans 12 % des consultations le patient demande une molécule précise, une fois sur deux parce qu’il en a entendu parler via une publicité. Et dans 79 % des demandes, les médecins ont accepté de prescrire le médicament en question, alors que sans demande particulière des patients, ils n’ont prescrit ce même médicament que dans 26 % des cas. Prescrites massivement, les molécules font statistiquement davantage de victimes.

Les associations de malades sont généralement peu actives sur le sujet des conflits d’intérêts en santé et des dangers qu’ils comportent, car elles sont pour la plupart dépendantes des subsides de l’industrie et conseillées par des comités scientifiques constitués pour beaucoup des mêmes leaders d’opinion qui assurent indifféremment expertise pour les autorités, marketing pour les firmes, lobbying via les associations. Les associations de patients sont d’ailleurs un des axes majeurs de la stratégie marketing des firmes, ainsi que le relève l’étude de veille stratégique Eurostaf. Les associations de patients, particulièrement au niveau européen, viennent ainsi souvent au soutien des lobbies industriels : pression pour une accélération des procédures d’AMM, pression pour une éducation thérapeutique financée par les firmes.

Enfin, le Collectif Interassociatif Sur la Santé (CISS), censé représenter les usagers du système de santé auprès des pouvoirs publics, réussit l’exploit d’être financé par ceux-là même, ainsi que par l’industrie. Coïncidence, il s’est distingué au cours de cette affaire par un silence assourdissant.

Des lanceurs d’alerte exposés

Les lanceurs d’alerte, ces empêcheurs de tourner en rond, subissent un traitement inouï, fait de pressions, chantages, licenciements, diffamations. La puissance publique, loin de les protéger, s’en fait parfois la complice et l’instrument, malgré les annonces récurrentes de création d’un statut protecteur des « lanceurs d’alerte ». Des échanges de courriels entre représentants de l’Afssaps et de Servier démontrent une incroyable convergence d’intérêts pour nuire au Dr Irène FRACHON.

Le Dr Bernard JUNOD, épidémiologiste et membre du Formindep, dont les travaux sur le surdiagnostic dans le dépistage du cancer du sein et son coût humain dérangent, a été mis à la retraite d’office par le directeur de l’Ecole des Hautes Etudes de Santé Publique où il était enseignant chercheur.

Dans de telles conditions, ces lanceurs d’alertes doivent être doublement salués, pour leur intégrité scientifique et morale, et pour leur courage.

Des soignants naïfs qui n’ont toujours pas choisi l’indépendance

Les quelques médecins qui ont choisi de se libérer des influences commerciales des firmes pour soigner ont pu protéger leurs patients du Mediator ainsi que d’autres produits inutiles et dangereux. Le Formindep se targue d’en regrouper un certain nombre.

Redisons le : il était possible dès le début de ne jamais prescrire de Mediator, d’abord du fait de son absence de preuve d’efficacité dans le traitement du diabète, puis, lorsque les effets indésirables ont été suspectés puis avérés, du fait de sa dangerosité. Les données fiables étaient connues et accessibles, principalement à travers la revue Prescrire.

Lors d’un drame sanitaire ou autre, un seul maillon de la chaîne est rarement en cause. La plupart du temps ce sont plusieurs maillons qui défaillent. Dans le système de soins responsable de la protection des patients, les soignants constituent l’ultime barrière de sécurité pour les patients en cas de défaillance des autres chaînons : firmes, autorités, expertise. Cette dernière sécurité, celle des médecins prescripteurs et des pharmaciens dispensateurs, elle aussi, n’a pas fonctionné. Elle a sa pleine responsabilité dans cette affaire et les patients ont raison de s’en émouvoir.

Les professionnels de santé, tant individuellement que collectivement ont une responsabilité éthique, renforcée par une obligation déontologique, de se former et de soigner selon les données actuelles de la science. A de trop rares exceptions ils ne l’ont pas fait pour le Mediator.

La formation à partir de données fiables et indépendantes, comme celles de la revue Prescrire par exemple, si elle s’avère nécessaire et indispensable, n’est pas suffisante. Il faut que les professionnels de santé décident une bonne fois pour toutes de rompre les liens néfastes, directs ou indirects, conscients ou inconscients, visibles ou invisibles, qui les soumettent aux intérêts des firmes. Se libérer des influences commerciales pour sa formation initiale et continue c’est soigner mieux à un moindre coût, c’est préserver des vies. C’est authentiquement prendre les moyens de « d’abord ne pas nuire », en ne se contentant plus d’en parler.

Y a-t-il des raisons d’espérer ?

Au terme de ce tableau bien sombre, il est légitime de se demander à quoi servent les autorités sanitaires françaises et européennes. C’est la question que pose un groupe de sénateurs autour de François AUTAIN (CRC), qui a obtenu la création d’une mission d’information sénatoriale sur les conditions de délivrance et de suivi des autorisations de mise sur le marché des médicaments. Comme les autres missions et commissions initiées par François AUTAIN, elle aidera sans doute à faire la lumière et tirer les leçons de ce scandale.

Du côté de l’Europe, les signaux sont brouillés, ainsi que le rappelle fort à propos le Collectif Europe et Médicament dans un récent communiqué. Un pas en avant : les patients pourront désormais signaler eux-mêmes les effets indésirables médicamenteux. Deux pas en arrière : le financement de la pharmacovigilance de l’EMA par des fonds publics, qui était « sanctuarisé » par la loi, sera désormais lui aussi assuré par les firmes, qui pourront de surcroît classer elles-mêmes les rapports d’effets indésirables dans la base européenne, malgré le risque d’altération des données que cela comporte.

La vraie raison d’espérer ne pourra finalement venir que des patients et usagers eux-mêmes. Car ce sont eux qui paient ces erreurs au prix fort. Les 500 décès imputés au Mediator ne sont que la pointe de l’iceberg. Chaque année 130 000 hospitalisations sont dues aux effets indésirables des médicaments. Soit 3 % du total des hospitalisations, un chiffre à rapprocher du déficit des hôpitaux, qui représente 1 % de leur budget. Quelle proportion pourrait être évitée par un meilleur contrôle en amont, et une information scientifiquement validée ?

Les effets secondaires des médicaments tuent 18 000 personnes chaque année, deux fois plus que la route. Une grande part de ces décès sont évitables. Où sont les radars sur la route des médicaments ? Mais au-delà des médicaments, c’est toute la définition des soins et même des maladies qui est polluée par des intérêts qui ne sont pas ceux des patients. Combien d’hommes et de femmes qu’on aura littéralement maltraités pour un « cancer » de la prostate ou du sein qui n’était qu’un surdiagnostic dû à un dépistage intempestif lourd de conflits d’intérêts ?

Combien de personnes âgées utilisées comme des cobayes pour des traitements anti-Alzheimer recommandés bien que grevés de contre-indications et d’effets secondaires, pour peu de bénéfices ? Combien d’actes thérapeutiques inutiles, d’objectifs de santé irrationnels et néfastes qui ne soignent que le chiffre d’affaires des firmes et détournent des ressources précieuses du système de santé ?

Il est temps que les usagers et patients se saisissent du problème des conflits d’intérêts en médecine, car ses conséquences se chiffrent en vies humaines. Leur défense ne peut reposer sur quelques individus ou groupes héroïques. Tous comptes faits ce sont simplement les outils de la démocratie qui doivent être utilisés : contrôle citoyen et transparence, primauté de l’intérêt général, indépendance des décisions et des institutions qui les émettent, séparation des pouvoirs, etc.

« La guerre est une affaire trop sérieuse pour être laissée aux militaires » disait Clemenceau. Notre santé est une affaire trop sérieuse pour être laissée à ces autorités-là.

 

[1] Des vérités cachées ont été dévoilées lors de la réunion du CSIS à l’Elysée le 26 octobre 2009

[2] Compte rendu dans la revue Pharmaceutiques

[3] Rapport de l’IGAS sur la rémunération des médecins et chirurgiens hospitaliers-janvier 2009, voire le chapitre 4 du rapport concernant les rémunérations annexes, le tableau 31 de la page 73 en particulier

[4] Le panégyrique que dressent, dans la livraison de novembre 2010 de la revue Pharmaceutiques, les responsables des firmes françaises à Noël RENAUDIN après ses 12 ans de présidence du CEPS, n’est pas la moindre illustration de l’action bénéfique du CEPS aux yeux des firmes, organisme chargé de fixer les prix des médicaments. Les inquiétudes liées à son départ ne sont plus justifiées, puisque l’affaire Mediator a permis qu’il soit reconduit à la présidence de ce « comité des forges » pharmaceutiques. Lire également l’intéressante enquête de la Mutuelle Générale des Cheminots sur le secteur pharmaceutique.

[5] voir ici et

[6] page 42

 

SOURCE :  http://www.formindep.org/spip.php?article397

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Les dangers du bisphénol A remis en question

logo20minutes-copie-1.jpg   Créé le 01.10.10 à 16h27 — Mis à jour le 01.10.10 à 16h27

Des jouets sans bisphénol A, présentés en février 2010 aux Etats-Unis.

Des jouets sans bisphénol A, présentés en février 2010 aux Etats-Unis. —AFP PHOTO/Stan Honda

PLANETE – Il est déclaré sans risques pour la santé, mais reste soumis à une réglementation stricte…
Biberons avec ou sans bisphénol? Le bisphénol A, un composé chimique utilisé dans la fabrication de plastiques alimentaires refait parler de lui après l’alerte lancée sur les biberons. L’agence européenne pour la sécurité des aliments (AESA), mandatée par la Commission européenne, a déclaré ce vendredi que le bisphénol ne présentait pas de risques pour la santé, sans toutefois demander un abaissement des seuils d’exposition.

Pas de risques, mais la prudence reste de mise
A la suite de l’interdiction de fabrication et de commercialisation de biberons contenant du bisphénol A en France et au Danemark, la Commission européenne avait demandé une nouvelle évaluation scientifique. Les scientifiques de l’AESA ont conclu qu’il n’y avait pas lieu de modifier l’avis favorable rendu en 2006 et confirmé en 2008, mais pas n’ont toutefois pas souhaité une révision de la dose journalière tolérable, fixée à 0,05 mg/kg de poids corporel.

Seul un membre du groupe scientifique a recommandé que la dose journalière tolérable soit «temporaire», mais s’est déclaré «en accord» avec l’opinion générale des autres membres du groupe scientifique sur le fait qu’on ne peut pas se baser sur ces nouvelles études pour assouplir la dose journalière tolérable. «Si de nouvelles données utiles sont rendues disponibles dans le futur, le groupe scientifique reconsidèrera l’avis actuel», a précisé l’AESA.

Une décision «ubuesque»
Décision peu claire et «ubuesque» selon le Réseau environnement santé (RES), qui rassemble des ONG et des scientifiques. Pour le RES, l’EFSA est arrivée à cette conclusion en écartant 95% des études, qui mettent en évidence «une grande variété d’effets à des doses même très inférieures à la dose journalière admissible: cancer du sein et de la prostate, atteinte de la reproduction, diabète et obésité, troubles du comportement…».

Il affirme que l’EFSA fonde son jugement sur des études «menées selon un protocole obsolète mis au point dans les années 70, incapable de voir des effets comme les troubles du comportement». Le RES affirme en outre que «l’EFSA est aujourd’hui plus un lieu de lobbying qu’une agence en charge de la protection de la santé des Européens», et demande que le Parlement européen forme une «Commission d’enquête sur la déontologie de l’EFSA».

En juin, l’Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm) avait relevé des «signaux d’alerte» dans les études sur les effets du bisphénol A sur la reproduction.

Le bisphénol A est interdit au Canada, en Australie et dans plusieurs Etats américains. Il est toujours utilisé en Europe, sauf en France et au Danemark, pour la fabrication de biberons, d’amalgames dentaires, de bombonnes d’eau rechargeable, de bouteilles en plastique ou encore d’emballages alimentaires.

—Audrey Chauvet avec AFP

Source : http://www.20minutes.fr/profile/multisubscription

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Agroalimentaire : Bové dénonce un double jeu à Bruxelles

Jeudi, 30 Septembre 2010 15:10  

L’Autorité Européenne de Sécurité des Aliments infiltrée par l’agro-industrie. La directrice de son conseil d’administration, Diána Bánáti, est aussi affiliée à l’ILSI, lobby international de l’agrobusiness et des OGM. Le député européen José Bové s’en prend à ce mélange des genres.

Liaisons dangereuses entre l’Autorité Européenne de Sécurité des Aliments (AESA, ou EFSA en anglais) et les lobbies. Cette nouvelle mise en cause n’est pas la première. Au début de l’année, l’AESA était éclaboussée par les états de service de Suzy Reckens. Cette ancienne responsable de l’agence s’était en effet rapidement recasée chez Syngenta, société spécialisée dans les OGM.
Aujourd’hui, c’est la nouvelle directrice du Conseil d’administration de l’agence qui se voit accusée de double jeu. Elue à ce poste en juillet 2010, la Hongroise Diána Bánáti (photo) a pour mission d’assurer « l’indépendance des conseils scientifiques » de l’agence. Or, révèle José Bové, « Madame Bánáti est membre du Comité des Directeurs d’ILSI Europe, ce qu’elle ne mentionne pas dans sa déclaration d’intérêt » et a caché aux parlementaires qui l’ont interrogée avant sa nomination.
 
« Un lobby efficace et planétaire »
 
Un oubli destiné à masquer des « confusions d’intérêts »? L’ILSI, International Life Science Institute, est la tête de pont de l’industrie agro-alimentaire. Fondée à la fin des années 70, l’institut regroupe aujourd’hui 400 entreprises agro-alimentaires, partout dans le monde, de Coca-Cola à Danone en passant par Monsanto et Syngenta.
Son rôle officiel est de délivrer information scientifique qu’il présente comme impartiale. Mais, en diffusant une information au service de ses membres, en occultant les travaux scientifiques contradictoires, tout en influençant les autorités publiques, l’ILSI est surtout « un lobby efficace et planétaire », juge José Bové. « Les informations fournies par ce lobby ne cherchent pas à défendre les intérêts des 500 millions de consommateurs européens mais à dessiner les réglementations qui favorisent le mieux ses intérêts financiers. »
Il rappelle ainsi l’exemple des cigarettiers Reynolds et Philip Morris, qui « ont utilisé de manière agressive les services de l’ILSI, dont ils sont membres, pour limiter la portée des régulations anti-tabac » aux Etats-Unis. Ces manoeuvres ont conduit l’organisation mondiale de la santé (OMS) à retirer l’ILSI de sa liste d’organisations officiellement partenaires.
 
La Commission sous influence
 
Et on retrouve la question sensible des OGM, qui n’en finit pas d’agiter l’Europe. Car l’ILSI, ajoute José Bové, « a pris à bras le corps la question des OGM. Un groupe spécial a été créé (…) pour faire avancer la compréhension des biotechnologies en agriculture. »
Pire, accuse le député européen, l’ILSI influence directement la commission européenne. Le dernier avis scientifique de l’Autorité Européenne de Sécurité des Aliments sur des maïs transgéniques de Monsanto s’appuie ainsi directement sur les travaux de l’institut. « Dans ces conditions, il n’est pas surprenant que l’EFSA n’ait jamais donné aucune opinion négative à la Commission sur les demandes d’autorisation d’OGM depuis sa création en 2002 », juge José Bové.
Le député européen appelle alors la Commission à remplacer Diána Bánáti à la tête du Conseil d’Administration de l’INSI. Soutenu par une autre euro-députée, Corinne Lepage, il explique avoir averti la Commission européenne dès le 14 juillet… et rester sans réponse deux mois et demi plus tard. Ce qui ne l’empêche pas d’inviter la Commission à aller plus loin : « suivre l’exemple de l’Organisation Mondiale de la Santé et placer l’ILSI sur sa liste rouge. »
Source : 
http://www.lesnouvellesnews.fr/index.php/civilisation-articles-section/60-environnement/684-agroalimentaire-bove-denonce-un-double-jeu-a-bruxelles


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Les lobbies européens remportent la guerre des étiquettes 17.06.2010

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     Pour faire suite à l’article du dimanche 13 juin que vous pouvez retrouver sous le lien suivant

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Le projet de règlement sur l’étiquetage des aliments adopté en première lecture par le Parlement européen le 16 juin stipule que les étiquettes devront mentionner la valeur énergétique, le pourcentage de graisses, de glucides et de sel de façon très visible. Les eurodéputés ont ainsi rejeté le code de couleurs – vert, orange et rouge selon qu’un aliment est plus ou moins sain – préconisé par les associations de médecins et celles contre l’obésité, le cancer et le diabète. Ils ont préféré le système suggéré par l’industrie agroalimentaire, qui a investi un milliard d’euros en lobbying auprès d’eux, explique EU Observer. La Stampa note de son côté qu’un des amendements adoptés interdit la publicité mentionnant les vertus des produits qui dépassent un certain seuil en termes de graisses, de sucres et de sel, comme par exemple le Nutella, fleuron de l’industrie alimentaire italienne.

Source : http://www.courrierinternational.com/chronique/2010/06/17/les-lobbies-europeens-remportent-la-guerre-des-etiquettes

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Le lobby agro-alimentaire prêt à gagner la guerre des étiquettes

Par Colette Roos | Journaliste | 13/06/2010 | 11H15

Le label avec feux de signalisation (Eatwell.gov.uk).

Les lobbies de l’agro-alimentaire – fabricants mais aussi distributeurs – font un travail aussi effarant qu’efficace pour que ne soit pas voté un systèmé d’étiquetage alimentaire dit « des feux de signalisation ».

C’est ce qu’indique le désespérant rapport de Corporate Europe Observatory, une ONG hollandaise qui travaille à dévoiler les (ex)actions des grandes entreprises et de leurs groupes de pression à Bruxelles. Ce rapport rendu public le 11 juin est intitulé « A Red Light for Consumer Information » (« Feu rouge pour l’information des consommateurs »). (Télécharger le document en anglais)

De quoi s’agit-il ? D’un étiquetage extrêmement simple, apposé à l’avant des emballages et détaillant la quantité de sucre, de graisse (dont saturée), de sel, et d’énergie par portion consommée.

Exemple : une portion de ces délicieuses chips arôme fumé achetées à la station service vous apporte… 7 grammes de lipides, dont 3 de lipides saturés, 1 gramme de sodium, 0,5 gramme de sucre.

Avec ce système, chaque quantité serait indiquée dans une pastille colorée. Ici, par exemple, la quantité de sodium serait en rouge, puisqu’elle est énorme. Le système existe déjà en Angleterre, où il est promu par l’agence gouvernementale Food Standards Agency.

On comprend que les industriels ne soient pas fans des feux de signalisation, qui classent efficacement leurs produits. Les aberrations nutritionnelles en rouge, le passable en orange, le bon en vert.

1 milliard d’euros pour les lobbies de l’agro-alimentaire

Les députés européens ont déjà dit non aux « feux de signalisation » en mars dernier, mais la décision doit être entérinée mercredi 16 juin au Parlement.

Il faut croire, comme l’indique CEO, que le milliard d’euros dépensé en lobbying pour mettre en échec cette proposition n’y est pas pour rien.

L’organisation cite les propos de plusieurs parlementaires, rapporteurs sur ce dossier pour leur parti. L’eurodéputée néerlandaise socialiste Kartika Liotard raconte avoir reçu des messages dans la proportion de cent e-mails des lobbies de l’agro-industrie (et jusqu’à 250 par jour) pour un mail des associations de défense des consommateurs .

Le député vert suédois Carl Shlyter indique pour sa part dans une interview accordée au blog de CEO :

« Habituellement, la proportion des informations émanant des groupes de pression est de 84% pour 16% provenant des mouvements d’intérêt public.

Dans ce dossier, on est à 90-95% pour seulement 5 à 10%. »

L’essentiel des messages envoyés aux parlementaires concernent des points de détail et des cas particuliers, histoire de noyer les eurodéputés sous les données, une stratégie classique.

Les mêmes armes que l’industrie du tabac autrefois

Autre stratégie qui a fait ses preuves, d’ailleurs utilisée par les fabricants de tabac il y a quelques décennies : commander des études « scientifiquement incontestables ». Comme celles de l’EUFIC, organisme a priori irréprochable, à en juger par son nom, « European Food Information Council », d’ailleurs rémunéré plus de 2,8 millions d’euros en 2008 par la Commission européenne pour coordonner une étude sur les informations nutritionnelles sur les emballages alimentaires.

Problème : l’EUFIC est financé par les industriels tels que Barilla, Cargill, Coca-Cola, Danone, Mars, McDonald’s, Nestlé, Unilever… et est dirigé par l’ex-lobbyiste en chef du groupe Mars (oui oui, les barres chocolatées), Joséphine Wills.

Dernière méthode utilisée par les industriels, là aussi classique : se montrer de bonne volonté… pour des solutions plus modérées.

Le label GDA.Depuis plusieurs années, les grands noms du secteur (par exemple, en Angleterre, Cadbury, Kellogg’s, Kraft) militent pour un système beaucoup moins clair que celui des « feux de signalisation » : des macarons ton sur ton, apposés eux aussi à l’avant des emballages, qui indiquent les pourcentages de sucres, lipides (dont saturés), sel et les calories mais cette fois par portion par rapport aux apports quotidiens recommandés pour un adulte.

Rappelons au passage que ces apports quotidiens recommandés, qui ressemblent à des quantités à consommer, sont plutôt des quantités à ne pas dépasser, et hop, le joli tour de passe-passe. Rappelons aussi que la taille de la portion est définie par les industriels eux-mêmes.

CEO rappelle qu’en Europe, 27% des hommes et 38% des femmes sont en surpoids ou obèses.

Photos : le label avec feux de signalisation (Eatwell.gov.uk) ; le label GDA (capture d’écran du site Web Whatsinsideguide.com) ;

Source : http://eco.rue89.com/dessous-assiette/2010/06/13/le-lobby-agro-alimentaire-pret-a-gagner-la-guerre-des-etiquettes-154603

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Pour le respect de la controverse scientifique et de l’expertise contradictoire : Soutien à Gilles-Eric Séralini et à ses co-auteurs

La controverse entre chercheurs, organisée au sein de la communauté scientifique, est un des moteurs essentiels de la construction des savoirs. Pour être reconnu, un résultat doit avoir résisté à toutes les tentatives d’invalidation par les collègues.

Plus encore, lorsque des travaux scientifiques ont des conséquences sociales, économiques et politiques importantes, la possibilité de développer ces postures critiques et de garantir les conditions d’une expertise pluraliste, devient le garant d’un bon fonctionnement démocratique. Comment prendre les bonnes décisions lorsque certaines voies de recherche sont systématiquement écartées, avant même d’avoir été sereinement explorées ?

En matière d’étude de l’effet des plantes génétiquement modifiées sur la santé, ce respect de la controverse scientifique n’est pourtant pas de mise. La grande majorité des chercheurs qui publient des résultats suggérant des effets d’OGM jusqu’alors insoupçonnés (effets sur la santé ou sur l’environnement) est la cible de campagnes de dénigrement provenant de membres influents de la communauté scientifique (Waltz E. Battlefield, Nature 2009. 461 :27-32).

La France n’est pas en reste comme en témoigne la situation actuelle de Gilles-Eric Séralini, professeur de biologie moléculaire à l’Université de Caen et co-directeur du Pôle pluridisciplinaire « Risques », spécialisé dans l’étude des effets des pesticides et OGM sur la santé. GE Séralini et ses collègues ont mené des contre-expertises de données fournies par Monsanto pour justifier de la commercialisation de 3 de ses maïs OGM (MON 863, MON 810, NK 603). Leurs travaux remettent en question la capacité pour ces données de démontrer formellement l’innocuité des trois maïs (suivi des rats trop court, puissance de l’analyse statistique insuffisante). Contrairement aux analyses réalisées par la firme, les travaux de GE Séralini et de ses collègues ont été soumis au processus d’évaluation critique par les pairs avant d’être publiés en 2007 et en 2009.

Ces résultats interrogeant le bien fondé des autorisations octroyées par la Commission Européenne sur avis de l’Agence Européenne de Sécurité Alimentaire (EFSA) pour la consommation animale et humaine de ces trois maïs, il n’est pas étonnant qu’ils aient suscité de vives réactions de Monsanto, de l’EFSA ou encore de l’Office de contrôle des aliments d’Australie et de Nouvelle Zélande. Mais depuis quelques semaines, GE Séralini est la cible d’attaques et de pressions morales émanant d’une partie de la communauté scientifique (cf. verso), et qui vont jusqu’à remettre en question les conditions mêmes de ses travaux de recherche (position académique, financements).

Nous, chercheurs signataires de ce texte, considérons qu’il est de notre responsabilité de maintenir les conditions d’une controverse scientifique respectueuse et d’une expertise pluraliste sur des questions aussi sensibles que celle des effets de la culture de plantes génétiquement modifiées. Nous condamnons la démarche de nos collègues qui utilisent les armes de la décrédibilisation mensongère plutôt que le terrain de la démonstration encadrée par les procédures en vigueur au sein de la communauté scientifique, à savoir des expériences transparentes, indépendantes et reproductibles, soumises à une évaluation par des pairs.

Nous apportons tout notre soutien à GE Séralini et à ses co-auteurs.

Les travaux de GE Séralini et de ses collègues dans leur contexte

La publication « A Comparison of the Effects of Three GM Corn Varieties on Mammalian Health » [Spiroux de Vendômois et al., Int. J. Bio. Sci., 2009, 5 : 706-726] dont GE Séralini est l’auteur-correspondant est une contre-expertise de données produites par Monsanto, dont la mise à disposition résulte en partie d’une injonction judiciaire (le maintien de la confidentialité d’une partie des données a été jugé illégal par un tribunal allemand). Ces données ont été obtenues sur des rats nourris pendant 3 mois avec les trois maïs concernés. Cette contre-expertise ne prétend pas apporter la preuve de la toxicité chronique des maïs concernés, comme les auteurs le reconnaissent, d’autant plus qu’elle s’appuie sur des données brutes de Monsanto dont ils dénoncent justement l’insuffisance. Elle pointe néanmoins des signaux d’alerte pouvant laisser craindre le développement d’une pathologie chronique, et réfute ainsi la capacité des données fournies par Monsanto de démontrer formellement l’innocuité de ces trois maïs : suivi des rats est trop court , plan d’expérience suivi ne confèrant pas une puissance suffisante à l’étude.

Les attaques dont GE Séralini fait l’objet

Parrainée par des chercheurs bien connus comme Claude Allègre et Axel Kahn, et présidée par Marc Fellous, professeur de génétique et ancien président de la Commission du Génie Biomoléculaire (Commission gouvernementale chargée d’évaluer les OGM agricoles, dont GE Séralini a été membre de 1998 à 2007), l’Association Française des Biotechnologies Végétales (AFBV), a déclaré dans un communiqué de presse daté du 14 décembre 2009, que « les travaux de G.-E. Séralini ont toujours été invalidés par la communauté scientifique ». Ces allégations sont totalement mensongères. Tous ses travaux ont été publiés dans des revues internationales à comité de lecture et donc évalués par les pairs. Aucun n’a jamais fait l’objet d’une invalidation.

Suite à la participation de GE Séralini au Magazine de la Santé diffusé le 21 janvier dernier sur France 5, l’AFBV a adressé deux courriers (datés du 26 et du 28 janvier) aux responsables de la chaîne et de l’émission d’une part, et au Conseil Supérieur de l’Audiovisuel d’autre part, dans lesquels GE Séralini est présenté comme un « marchand de peurs » et un scientifique non reconnu. Il semble donc que les membres de l’AFBV, se déclarant tous en faveur des PGM, agissent comme groupe de pression davantage que comme experts scientifiques.

Enfin, en janvier 2009 et 2010, GE Séralini a réalisé des expertises pour la Cour Suprême de l’Inde et le gouvernement indien sur les données brutes fournies par la Société Mahyco pour commercialiser une nouvelle aubergine OGM produisant un insecticide. Sur la base de ces analyses, un moratoire a été décidé. Depuis, GE Séralini fait l’objet d’attaques diffamatoires répétées, sans que leurs auteurs n’acceptent de se soumettre au cadre de la controverse scientifique, encadrée notamment par le système des publications scientifiques.

Contenu de l’annexe
* Article de Spiroux de Vendômois, et al. « A Comparison of the Effects of Three GM Corn Varieties on Mammalian Health ». Int. J. Bio. Sci., 2009, 5 : 706-726
* Réponse de Monsanto à cette publication
* Avis du Comité Scientifique du Haut Conseil des Biotechnologies sur cette publication
* Avis de l’Office de contrôle des aliments d’Australie et de Nouvelle-Zélande (FSANZ) sur cette publication
* Avis de l’Autorité Européenne de Sécurité des Aliments (EFSA) sur cette publication
* Communiqué de presse de l’Association Française des Biotechnologies Végétales (AFBV) sur cette publication
* Réponse des auteurs aux différentes critiques.

Lire l’article et signer la lettre de soutient sur le site de la fondation sciences citoyennes

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Les "cabinets privés" font-il la loi à l’Assemblée?


Par Tefy Andriamanana, publié le 02/12/2009 à 16:49 – mis à jour le 02/12/2009 à 18:57

Le député PS Jean-Jacques Urvoas accuse un "cabinet privé" d'avoir rédigé une partie de la proposition de loi UMP sur la simplification du droit.

AFP

Le député PS Jean-Jacques Urvoas accuse un « cabinet privé » d’avoir rédigé une partie de la proposition de loi UMP sur la simplification du droit.

Le député PS Jean-Jacques Urvoas craint qu’une partie d’une proposition de loi du député UMP Jean-Luc Warsmann ait été rédigée par des juristes privés.

Les propositions de loi pour la simplification et l’amélioration de la qualité du droit se révèlent décidément compliquées pour son auteur, le député UMP Jean-luc Warsmann.

Au printemps dernier, un premier texte du genre avait déjà fait polémique. Une disposition prévoyait de supprimer la possibilité de dissoudre les personnes morales rendues coupables d’escroquerie. Certains y ont vu la patte de l’Eglise de Scientologie.

La nouvelle proposition de loi de Jean-Luc Warsmmann a une fois encore agité le spectre des lobbies. Mardi soir, lors du débat en hémicycle, le député PS Jean-Jacques Urvoas a fait état d’une « rumeur » selon laquelle une partie de son texte aurait été rédigée par un « cabinet privé », cabinet qui pourrait servir des intérêts privés. Joint par LEXPRESS.fr, Jean-Jacques Urvoas n’a pas souhaité dévoiler la source de ses informations.

« Une privatisation de la loi »

Le député du Finistère renvoie néanmoins vers l’exposé des motifs du texte qui signale que certaines mesures ont été rédigées « avec le concours d’une équipe de juristes et de scientifiques ».

« Je veux savoir s’il y a eu une facturation à un cabinet privé », indique le député PS qui parle d’une possible « privatisation de la loi ». Après l’épisode de la Scientologie, il se dit également « plus vigilant sur la façon dont M. Warsmann gère son texte ».

« Si un cabinet privé a rédigé une partie de la loi, c’est grave, ça veut dire qu’on ne fait plus confiance aux collaborateurs de l’Assemblée nationale », s’insurge-t-il.

Et d’ajouter: « Je ne veux pas faire de procès d’intention à M.Warsmann, mais il ne répond pas à mes questions. » Le député attend également que Bernard Accoyer, président de l’Assemblée nationale, lui transmette la copie de la décision du Conseil d’Etat sur ce texte.

« Le diable se cache dans les détails »

Jean-Jacques Urvoas rappelle enfin que ce texte sur la simplification du droit est aussi complexe qu’important, d’où le risque d’ingérence d’intérêts privés selon lui. La proposition de loi contient 150 articles concernant autant le code de la consommation, celui des impôts, des assurances… « Le diable se cache dans les détails et ce texte n’est que du détail », dit-il.

Le député PS affirme qu’il dévoilera à la presse « les éléments » qu’il possède pour étayer ses accusations « en fonction des réponses » de Jean-Luc Warsmann. Il a également assuré qu’il réinterviendra « en séance » pour interpeller le député UMP.

Contacté par LEXPRESS.fr, ce dernier n’a pas donné suite à nos appels.

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« Tout sauf Free » ou la tentation de l’oligopole


JEAN-CHRISTOPHE FERAUD EST CHEF DU SERVICE HIGH-TECH-MEDIAS DES « ECHOS »

Condamnés en novembre 2005 à payer 534 mil- lions d’euros pour s’être « entendus » dans le cadre d’un « Yalta » visant à maintenir leurs parts de marché respectives, les trois grands opérateurs français qui se partagent le pactole du téléphone mobile ont-ils vraiment fait amende honorable ? Rien n’est moins sûr. Malgré la confirmation de la sanction en juillet 2007, Orange, SFR et Bouygues Telecom ne sont pas loin de récidiver aujourd’hui en reprenant en choeur le slogan « TSF »… pour « Tout sauf Free ».

A la veille de la remise des dossiers de candidatures pour la 4e licence mobile prévue le 29 octobre, le triumvirat s’active en coulisses pour torpiller l’arrivée d’un nouvel opérateur qui, selon toute vraisemblance, devrait être Free. Surnommé le « trublion de l’Internet », l’inventeur de l’offre « triple play » (fixe + Internet + télévision) à 29,99 euros, se fait fort de diviser par deux les prix du mobile en France ! Rodomontade ? La perspective fait en tout cas frémir les trois opérateurs installés. Ces derniers se sont en effet habitués à engranger des marges brutes… très confortables (30 à 40 % !). Et avec l’iPhone et le boom de l’Internet mobile, ils espèrent bien continuer à profiter de la progression constante de l’Arpu – revenu moyen par abonné – qui atteignait 39 euros en 2008 et flirte avec les 45 euros aujourd’hui. L’un des plus élevés d’Europe…

Pour maintenir son oligopole, la « bande des trois » – comme l’appelle Free – ne ménage pas ses efforts. Et cela semble payer… Le 15 septembre dernier, à la stupeur générale des députés UMP venus déjeuner à l’Elysée, Nicolas Sarkozy a subitement déclaré son hostilité à l’arrivée d’un « trublion » du mobile : « Je suis sceptique et réservé sur le choix d’un quatrième opérateur. Le prix le plus bas n’est pas forcément le meilleur. Il faut voir la qualité des postulants. » Un véritable Scud contre Free, qui était jusque-là le grand favori de la compétition lancée le 1er août. Bouygues, SFR et Orange ont savouré l’instant. Mais la sortie présidentielle n’a pas vraiment plu au Premier ministre, partisan avec l’Arcep (le gendarme des télécoms) d’une vraie baisse des prix du mobile au bénéfice du consommateur. « Libération » rapportait récemment cette pique qui aurait été lancée par François Fillon à Nicolas Sarkozy : « Monsieur le président, les trois opérateurs dont vous avez parlé, ce sont bien ceux dont vous disiez il y a trois mois qu’ils se gavent ? »

En attendant, fort de ce qui semble bien être un soutien de l’Elysée, le lobby anti-Free redouble donc d’efforts pour mettre des bâtons dans les roues du nouvel entrant. Bien rodé, son argumentaire en quatre points arrose décideurs politiques, rédactions parisiennes, associations de consommateurs… Cela donne en substance :

1.  « Le prix de la licence a été “ bradé” à 240 millions d’euros » (contre 619 millions payés par chacun des opérateurs en place) ; c’est le patrimoine de l’Etat que l’on solde. Thèse récemment défendue dans « Les Echos » par le PDG de Vivendi (SFR), Jean-Bernard Lévy. Elle est discutable. Pour ce prix, le 4e opérateur n’aura, au début, que 5 MHz de fréquence disponible, contre 15 MHz chacun) pour les trois autres.

2.  « Un 4e opérateur c’est le carnage social assuré »  : il y a un an, Martin Bouygues, toujours dans « Les Echos », n’hésitait pas à chiffrer « entre 10.000 et 30.000 » les emplois qui seront détruits chez les trois opérateurs mobiles par l’arrivée d’un concurrent qui fera pression sur les prix, donc sur les coûts. Et après un 24e suicide en dix-huit mois, France télécom  voit inévitablement Free comme un facteur de stress supplémentaire pour ses troupes déjà bien éprouvées. Quant à l’équipementier Alcatel, il s’inquiète du fait que le champion du « low cost » pourrait choisir de se fournir auprès d’un chinois comme Huaweï ou ZTE…

3.  « Les prix du mobile sont déjà assez bas en France » , assure le triumvirat la main sur le coeur. Ils seraient même « les plus bas d’Europe ». Pourtant, pour la Commission européenne, l’Hexagone serait l’un des pays du Vieux Continent où le mobile est le plus cher juste derrière l’Espagne avec en moyenne 30 euros pour 2 heures et 50 SMS… De fait, si l’Arpu atteint 45 euros, c’est bien grâce à une jungle tarifaire régulièrement dénoncée par les associations de consommateurs. Et la facture a tendance à s’envoler pour les possesseurs d’iPhone : elle atteindrait 86 euros !

4.  « Free fait le coucou sur le réseau des autres opérateurs. »  L’accusation n’est pas neuve. Free a construit son succès dans l’ADSL en s’engouffrant dans la brèche du « dégroupage », la loi obligeant l’opérateur historique à fournir aux opérateurs alternatifs un accès à la boucle locale (les derniers mètres de cuivre allant jusqu’à l’abonné). En limitant ainsi ses investissements d’infrastructure, le nouvel entrant a pu casser les prix et lancer sa fameuse offre à 29,99 euros. Mais dans le cas de la 4e licence mobile, Free aura une obligation de couverture de 25 % du territoire dans les trois ans, ce qui reviendra à installer 6.000 antennes. Mais les trois opérateurs en place soupçonnent déjà le nouvel entrant de vouloir venir jouer au « coucou » sur leurs pylônes…

Ce lobbying est dans l’ordre des choses. Après tout, TF1 avait bien rédigé un « Livre blanc » pour demander – et obtenir – la suppression de la publicité sur France Télévisions. Le fondateur de Free, Xavier Niel, est d’ailleurs loin d’être lui-même un enfant de choeur. Il dispose d’excellents relais dans les médias et les milieux politiques. Et s’il se présente comme le « Robin des bois » du mobile, son groupe est surtout connu pour être le champion du « low cost » et du service client aux abonnés absents… Mais dans une économie de marché normalement constituée, il y a quelque chose de surprenant à voir trois poids lourds du CAC 40 s’échiner ainsi à tuer toute concurrence dans l’oeuf. Au point, dit-on, d’encourager par tous les moyens une candidature alternative à la 4e licence quelque peu hétéroclite autour de Virgin Mobile, du câblo-opérateur Numéricable… voire du nabab égyptien des télécoms Naguib Sawiris. C’est décidément « Tout sauf Free ».

JEAN-CHRISTOPHE FERAUD.

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Loi Grenelle2 / Téléphonie mobile : les sénateurs aux abonnés absents ?

Source / auteur : Agir pour l’environnement
mis en ligne jeudi 17 septembre 2009 par jesusparis

Après une énième péripétie judicaire qui a vu, cette fois-ci, des parents d’élèves s’opposant à une antenne relais déboutés par le Tribune de Grande Instance de Lyon, Agir pour l’Environnement et Priartém regrettent que cette question hautement politique soit pour l’heure absente du projet de loi Grenelle2 actuellement en débat au Sénat.

Les associations s’étonnent qu’en 104 articles, le Gouvernement et les Sénateurs n’aient pas trouvé le moyen d’aborder la question des antennes relais, laissant le soin aux tribunaux de créer du droit, en lieu et place des parlementaires.

A l’instar du Grenelle des ondes, les décideurs politiques semblent tentés de jouer aux abonnés absents, maintenant une réglementation laxiste extrêmement favorable aux opérateurs de téléphonie mobile. La passivité du législateur en la matière alors même que le discours scientifique devient de plus en plus prudent ne peut s’expliquer que par la puissance d’un lobby de la téléphonie mobile extrêmement présent dans la sphère politique. Les intérêts financiers en jeu seraient-ils si important qu’ils auraient pour effet de tétaniser une majorité de parlementaires ?

L’article 72 du projet de loi dit Grenelle2 qui ne fait qu’évoquer subrepticement la question des portables a soigneusement omis de proposer au vote des parlementaires une véritable baisse des seuils d’exposition des antennes relais, seul moyen de répondre politiquement à un problème de santé publique.

Les associations appellent la Haute Assemblée à prendre ses responsabilités et invitent les Sénateurs à déposer des amendements afin de durcir une réglementation qui s’apparente actuellement à la règle du « laisser-faire ».

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